Romano Prodi qualifie l’agenda de Lisbonne de « gros échec » et
dénonce l’incapacité des Etats membres à abandonner leur droit de
veto.
Le processus de Lisbonne tourne à la séance d’auto-flagellation
collective. Dans un entretien accordé au Financial Times, le
président de la Commission sortant, l’Italien Romano Prodi, juge
sévèrement la contribution des Etats membres à l’objectif que s’est
fixée l’UE de devenir l’économie la plus compétitive de la planète
à l’horizon 2010.
Dans cet entretien, Prodi déclare notamment que « Lisbonne est un
gros échec », et ce à moins de deux semaines du Conseil européen du
5 novembre au cours duquel seront discutées les conclusions du
rapport Kok sur les progrès du processus de Lisbonne. Prodi impute
cet échec au refus des Etats membres d’abandonner le recours à leur
droit de veto sur certaines propositions : « L’unanimité ne peut
être recherchée sur tous les dossiers économiques, ou bien, si
c’est le cas, il faut accepter l’échec de Lisbonne », a notamment
déclaré Prodi.
Wim Kok, qui a dirigé le groupe d’experts sur le processus de
Lisbonne, a déclaré que Lisbonne risquait de devenir « un
synonyme d’objectifs manqués et de promesses non tenues. » Kok a
ajouté : « Les progrès enregistrés jusqu’à ce jour sont
insuffisants, notamment en raison d’un manque d’engagement et de
volonté politiques. » Le rapport suggère notamment que l’Europe se
concentre sur 14 indicateurs simples, au lieu de la centaine
utilisée actuellement.

