Appeler en Europe coûtera moins cher en mai 2019

Les opérateurs téléphoniques ne pourront plus facturer plus de 0,19 centimes par minute téléphonique intra-européenne à partir du 1er mai. La fin du roaming a déjà fait bondir les usages des vacanciers.

Les appels et les SMS depuis la France vers les autres pays européens ne pourront plus être surfacturés par les opérateurs téléphoniques.

Cette mesure adoptée par les eurodéputés lors d’un vote à la session plénière du 14 novembre devrait considérablement réduire la facture téléphonique des Européens qui échangent au-délà des frontières. Car malgré l’adoption des règles sur la fin des frais d’itinérance (roaming) depuis mi-juin 2017, certains appels européens demeurent fortement surtaxés.

Pour l’instant, les appels effectués de l’étranger vers son pays d’origine ne sont plus surtaxés. Mais à l’inverse, un appel depuis son pays d’origine vers un autre pays européen entraîne des surfacturations importantes.

Ainsi un appel passé depuis la France vers la Belgique par un Français lui coûtera cher, alors que le même appel passé depuis la Belgique ne sera pas surfacturé.

Les frais d’itinérance disparaissent en Europe

À partir d’aujourd’hui, les contrats de téléphonie mobile doivent appliquer des tarifs nationaux pour les appels, les SMS et l’utilisation d’Internet lorsque les utilisateurs voyagent dans l’UE, mettant ainsi fin à dix années de tractations sur les frais d’itinérance.

Une distorsion qui prendra fin au printemps : les eurodéputés ont fixé le plafond des tarifs transfrontaliers à 19 centimes par minute pour les appels, et à 6 centimes pour les SMS, à compter du 15 mai 2019.

« Des appels téléphoniques moins chers, c’est une victoire pour tous les citoyens de l’UE’ », s’est félicité l’eurodéputée tchèque  Dita Charanzová (ADLE).

« C’est une très bonne nouvelle pour les consommateurs qui n’auront plus à s’inquiéter des coûts excessifs lorsqu’ils appellent un pays européen différent. C’est une nouvelle étape logique après la fin des frais d’itinérance. C’est un non-sens de payer moins cher lorsque vous appelez un ami qui réside à l’étranger lorsque vous êtes vous-même à l’étranger, que lorsque vous le faite de chez vous »  a commenté la directrice générale du Bureau européen des unions de consommateurs, Monique Goyens.

Le plafonnement des tarifs va rendre plus abordables les appels entre États membres. « Cela représente une solide différence avec les tarifs opérés actuellement dans de nombreux pays européens. En France, cette mesure divisera le prix par 2 ou par 4 selon l’opérateur, par 5 en Belgique ou par 7 en Italie » a souligné Marc Tarabella, eurodéputé socialiste belge en charge de la Protection des Consommateurs.

Mais si l’écart se réduit, les appels seront toujours surtaxés. Une inégalité vouée à disparaitre selon Marc Tarabella.  « Je continuerai à me battre pour qu’à terme, appels nationaux et internationaux soient aux mêmes prix. Ces surcoûts d’un autre temps doivent disparaître ».

En cas de Brexit, appeler vers le Royaume-Uni pourrait coûter cher

Les frais d’itinérance commenceront à disparaître cette semaine dans l’UE. Mais si les Britanniques quittent l’Union dans deux mois, les appels entre Londres et les autres États membres pourraient devenir très chers.

Cette nouvelle décision en  faveur de communications abordables devrait avoir un effet sur la consommation mobile des Européens, comme cela a déjà été le cas avec la fin du roaming.

Alors que 75% des Français avaient l’habitude de restreindre l’usage de leur portable pendant des vacances dans un autre pays européen, la fin des frais d’itinérance a fait exploser les usages. Selon les données publiées par l’Arcep, les appels et les SMS émis en itinérance par les Français ont augmenté d’environ 40% entre le deuxième semestre 2017 et 2016. La consommation de données en itinérance a quant à elle été pratiquement multipliée par quatre sur la même période.

Système d’alerte par SMS

Autre mesure adoptée par les élus européens, un système d’alerte par SMS ou application mobile qui serait déclenché  en  cas d’attentat ou de catastrophe naturelle pour alerter les citoyens européens.

Concrètement, le système d’alerte devrait pouvoir cibler les citoyens européens se trouvant dans la zone concernée par la menace imminente. Les États membres auront 42 mois pour mettre en place ce dispositif une fois la directive entrée en vigueur.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.