Apple veut prouver qu’il ne sacrifie pas la confidentialité en luttant contre la pédopornographie

Contrairement aux autres services de cloud (informatique à distance), a-t-il expliqué, Apple « voulait pouvoir repérer les photos (du Centre national des enfants disparus et exploités) dans le cloud, sans avoir besoin de regarder les photos des gens ». [Shutterstock/Sharaf Maksumov]

D’ordinaire très secret, Apple était sur tous les fronts vendredi (13 août) pour tenter de convaincre que ses nouveaux outils de lutte contre la pédophilie n’entament pas la confidentialité de ses appareils et services, un argument de vente majeur depuis des années.

« Il est clair qu’il y a eu beaucoup de confusion autour de nos messages », a reconnu Craig Federighi, directeur des logiciels du géant américain de l’électronique, dans une interview au Wall Street Journal publiée vendredi.

La semaine dernière, le groupe a dévoilé de nouveaux outils conçus pour mieux repérer les images à caractère sexuel impliquant des enfants, sur son serveur iCloud et sur la messagerie iMessage pour les comptes d’enfants liés à un abonnement familial.

Craig Federighi a assuré que les nouveaux algorithmes ne rendaient pas le système moins sûr ou confidentiel.

Contrairement aux autres services de cloud (informatique à distance), a-t-il expliqué, Apple « voulait pouvoir repérer les photos (du Centre national des enfants disparus et exploités) dans le cloud, sans avoir besoin de regarder les photos des gens ».

Dans un document publié vendredi sur son site, le groupe précise qu’il faudra, au début du déploiement du système, un minimum de 30 images reconnues par la machine pour qu’elle signale un compte et que des humains le vérifient manuellement.

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Selon Tim Cook, certaines parties du DMA actuellement discuté à Bruxelles « ne sont pas dans le meilleur intérêt des utilisateurs. (…) Je suis très inquiet à propos de la vie privée et de la sécurité »

Jeudi dernier, l’annonce avait suscité la surprise, puis un tollé dans le secteur des technologies, car le fabricant de l’iPhone s’est taillé une réputation de parangon du respect de la vie privée, et se prive rarement de dénigrer ses voisins de la Silicon Valley, notamment Facebook, sur ce sujet.

« Apple remplace son système de messagerie crypté de bout en bout par une infrastructure de surveillance et de censure, qui sera vulnérable aux abus et aux dérives non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier », avait par exemple affirmé Greg Nojeim, du Centre pour la démocratie et la technologie (CDT), dans un message transmis à l’AFP.

Une lettre ouverte contre ces technologies a été signée par diverses ONG et plus de 7 700 personnes, dont l’ancien informaticien de la CIA et lanceur d’alerte Edward Snowden.

Un article de presse rapportant des dissensions y compris en interne, chez Apple, a été largement relayé.

Cette indignation « n’est pas surprenante », a ainsi tweeté Tim Sweeney, le patron de l’éditeur Epic Games, engagé dans une bataille judiciaire contre la marque à la pomme.

« Les ingénieurs choisissent Apple malgré les salaires inférieurs et les conditions de travail plus dures parce qu’ils croient à l’excellence du produit et veulent défendre le droit à la confidentialité comme un droit humain ».

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