Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

EPA-EFE/OLIVIER HOSLET [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les États membres de l’UE devraient se préparer à « tous les scénarios », alors que l’économie européenne continue de ralentir et ne devrait pas reprendre de si peu, avertit la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques.

L’économie européenne vient d’entrer dans une nouvelle phase. Alors que la production a augmenté tout au long de cette décennie, comme en témoignent les chiffres impressionnants des dernières années, « ce n’est plus le cas à l’heure actuelle », a signalé le commissaire des Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Selon les chiffres présentés le jeudi 7 novembre, la zone euro devrait connaitre une croissance de 1,1 % cette année et de 1,2 % en 2020 et 2021. Les estimations de juillet, elles, prévoyaient une augmentation de 1,2 % du PIB en 2019 et de 1,4 % en 2020.

La croissance économique de l’ensemble de l’UE stagnera à 1,4 % pendant les deux prochaines années, un chiffre revu à la baisse par rapport aux prévisions de juillet 2018 qui l’établissaient à 1,6 %.

Pierre Moscovici a déclaré qu’il s’agissait « d’un nouveau régime » par rapport aux anciennes prévisions, étant donné que son équipe ne s’attend plus à une relance économique dans les deux prochaines années.

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« Nous devons être prêts à tous les scénarios », a-t-il affirmé.

Marco Buti, chef de la direction générale des affaires économiques et financières à la Commission européenne, a expliqué dans le document présenté que ce ralentissement économique appelé à durer constituait un « changement majeur » et se fondait « sur l’évaluation que de nombreuses caractéristiques de ce ralentissement mondial perdureront ».

Malgré cette évaluation maussade, M. Moscovici a souligné que l’économie européenne continuerait de croître, mais plus lentement, et qu’une récession économique n’était pas envisagée par l’exécutif européen.

Mais il a ajouté qu’ « il fallait faire en sorte que ce “plateau” ne soit pas “un plafond”, car nous avons, de l’autre côté, des risques de baisse qui pourraient se matérialiser ».

Il s’est, en outre, aligné sur les avis de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autres institutions, appelant ainsi les États membres avec des finances publiques plus saines, comme les Pays-Bas et l’Allemagne, à investir plus pour stimuler l’économie.

D’après le commissaire, ce boost n’est pas urgent, mais les gouvernements nationaux avec de la marge budgétaire devraient y réfléchir « pour que nous soyons en mesure de réagir rapidement ».

Macro Buti argue que les États membres avec de meilleures situations budgétaires devraient profiter des très faibles (voire négatifs) coûts de financement, afin d’investir dans des projets « avec un retour social, environnemental et économique élevé ».

Les tensions commerciales mondiales continuent d’inquiéter l’exécutif européen.

« La recrudescence des tensions commerciales et l’incertitude de ce secteur ont très probablement eu des effets néfastes permanents sur le commerce international » a écrit M. Buti, qui dirigera le cabinet du commissaire désigné à l’Économie, Paolo Gentiloni.

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Les pays

Dans le cas de l’Allemagne, la Commission a légèrement ajusté son PIB à 0,04, mais diminué sa croissance économique de 0,4 % afin d’atteindre 1 % pour l’année 2020, une tendance qui devrait se maintenir en 2021.

L’économie allemande compensera la baisse de la demande mondiale et des investissements avec sa consommation privée et une dette publique « modérément expansionniste ».

Parmi les plus grandes économies de l’UE, l’Espagne devrait endurer les plus grosses pertes. Selon les prévisions, son PIB devrait chuter de 0,4 % cette année et l’année prochaine (1,9 % en 2019 et 1,5 % en 2020). En 2021 l’économie espagnole devrait augmenter de 1,4 %.

L’office national de la statistique est à l’origine de la moitié de la baisse, car il a apporté des modifications à l’historique de données, mais l’économie espagnole a aussi été affectée par le ralentissement du rythme de la croissance qui s’inscrit dans une période d’incertitude au niveau mondial.

La production française devrait également décélérer à environ 1,3 % cette année et l’année prochaine, puis à 1,2 % en 2021. La consommation contribuera à compenser le ralentissement de l’investissement et l’impact des tensions commerciales sur les exportations.

L’économie italienne « ne montre encore aucun signe de reprise significative », après la stagnation enregistrée l’année dernière, selon les prévisions. La croissance économique n’atteindra que 0,1 % cette année, puis 0,4 % et 0,7 % en 2020 et 2021, respectivement.

Selon l’évaluation de la Commission, Rome ne parviendra pas non plus à équilibrer ses comptes publics, comme le gouvernement de coalition l’avait convenu avec la Commission. Le déficit et de la dette continueront d’augmenter au cours des deux prochaines années en raison de la croissance plus faible et de l’augmentation des coûts des mesures antérieures.

La dette publique italienne devrait ainsi passer de 134,8 % de son PIB en 2018 à 137,4 % en 2021.

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