Vers une modification du processus de recrutement au sein des institutions européennes ?

L’Office européen de sélection du personnel (EPSO) a été créé principalement pour organiser des concours de grande ampleur à l’intention des traducteurs et des généralistes, des jeunes professionnels appelés à occuper des postes dans la fonction publique des institutions européennes. [Shutterstock/panitanphoto]

Le processus de sélection n’est pas adapté aux concours ciblés à petite échelle, qui correspondent le plus aux besoins actuels des institutions de l’UE en matière de recrutement, indique le nouveau rapport spécial de la Cour des comptes européenne.

L’Office européen de sélection du personnel (EPSO) a été créé principalement pour organiser des concours de grande ampleur à l’intention des traducteurs et des généralistes, des jeunes professionnels appelés à occuper des postes dans la fonction publique des institutions européennes.

Toutefois, au fil du temps, le nombre de traducteurs et de généralistes convoités par les principales institutions de l’UE a diminué et ils ne constituent plus la majorité des nouveaux membres du personnel recherchés.

Avec un budget resté relativement stable à environ 27 millions d’euros, l’EPSO organise ses concours sous leur forme actuelle depuis 2012, mais l’insatisfaction des institutions européennes à l’égard du processus a incité son conseil d’administration à lancer un groupe de réflexion en 2019.

Après être passés par une série d’étapes du concours qui comprennent souvent des tests psychométriques sur ordinateur et des évaluations en personne par un jury, les candidats retenus sont inscrits dans une base de données appelée « listes de réserve » dans laquelle les institutions peuvent choisir leurs favoris.

L’EPSO a œuvré pour renforcer l’attrait de l’UE en tant qu’employeur de diplômés dans les États membres, notamment dans les pays dont les ressortissants sont sous-représentés dans les concours, comme les Pays-Bas, la France ou l’Allemagne, sans grand succès jusqu’à présent.

« L’impact de ces actions sur l’équilibre géographique des candidats aux concours n’est pas encore visible », peut-on lire dans le rapport.

Les salons de l’emploi semblent également manquer leur cible. En moyenne, 69 % d’entre eux ont lieu à Bruxelles, où les possibilités d’emploi offertes par l’UE sont déjà plus connues.

Dans le même temps, les postes « juniors » sont occupés par des personnes largement surqualifiées. La proportion de candidats de moins de 35 ans au grade le plus bas – n’exigeant aucune expérience professionnelle – est en baisse. Dans un des pays examinés, la moitié des candidats avaient plus de 35 ans.

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Les concours sont également hyperconcurrentiels, avec seulement 2 % de réussite au premier test. Bien qu’ils aboutissent à des recrutements fructueux, 88 % des managers étant satisfaits des lauréats de l’EPSO, ces derniers ne présentent pas pour autant de meilleures aptitudes que le personnel recruté par d’autres canaux, comme les contrats temporaires.

Ces concours généralistes de bas niveau sont rentables, en raison du grand nombre de candidats. En 2015, par exemple, 21 000 personnes ont postulé pour 159 postes, ce qui représente un coût moyen d’environ 25 000 euros pour chaque lauréat inscrit sur les listes de réserve. Pourtant, ces concours durent un peu plus longtemps (13 mois) que les procédures similaires menées par d’autres organisations internationales (10-12 mois).

Néanmoins, même si les auditeurs sont généralement satisfaits du processus de recrutement des jeunes diplômés, ils ont déclaré que le processus de recherche de candidats pour les spécialistes n’était pas adapté aux besoins des institutions.

« Pour les spécialistes, le calendrier du processus de planification, qui commence jusqu’à un an avant l’organisation du concours proprement dit, ne permet pas d’estimer précisément les besoins, ce qui donne lieu à des surestimations et à un ajustement permanent », révèle le document.

76 % des managers européens préfèrent choisir des candidats dans des listes de spécialistes plutôt que de généralistes, mais plus de la moitié (57 %) pensent que ces listes s’épuisent trop rapidement.

« Trop d’importance est accordée aux concours de grande ampleur pour généralistes alors qu’actuellement, les institutions demandent des concours plus restreints », selon les auditeurs.

En outre, les auditeurs ont critiqué l’EPSO pour ne pas avoir suffisamment accompagné ses concours ciblant des spécialistes d’une publicité adéquate, malgré un besoin accru de concours de ce type, tout en reprochant que si les critères de sélection ne sont pas définis adéquatement, « des candidats qui correspondent aux besoins risquent d’être éliminés lors de la phase de présélection ».

Ces problèmes entraînent une diminution du nombre de candidats et une augmentation des coûts par lauréat, ce qui rend les procédures de l’EPSO moins adaptées pour répondre aux besoins urgents de recrutement de spécialistes que les procédures plus simples organisées par les institutions elles-mêmes.

Les auditeurs ont recommandé l’introduction de mécanismes permettant de mesurer la satisfaction des institutions et de réduire la durée des concours à 10 mois.

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