Automobile : avec la pénurie mondiale de semi-conducteurs, certains équipements sont sacrifiés

Toutes les fonctions électroniques d’une voiture peuvent être touchées. [supergenijalac/Shutterstock]

La pénurie mondiale de semi-conducteurs oblige les usines automobiles à tourner au ralenti. Mais elle contraint aussi les constructeurs à sacrifier certains équipements non essentiels. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Il est plus petit qu’un grain de sable. Mais il conditionne toute l’électronique de nos objets quotidiens : téléphones, antennes, ordinateurs et bien sûr voitures. Sans lui, le pilotage de toutes les fonctions gérées par électronique est bloqué. Or, on dénombre en moyenne quelque 1 500 semi-conducteurs dans une voiture.

Pourquoi cette pénurie mondiale ? La pandémie, pardi. Au ralentissement de la production de puces, s’est ajoutée une explosion de la demande pour certains produits électroniques, comme les ordinateurs. La machine repart progressivement, mais elle est encore grippée. Le responsable des achats du groupe Volkswagen pense que la crise pourrait « durer jusqu’à deux ans​. »

Clients « dédommagés » à hauteur de 400 €

Toutes les fonctions électroniques d’une voiture peuvent être touchées. Alors, les constructeurs maintiennent les fonctions essentielles, liées au moteur et à la sécurité. Mais ils sacrifient désormais certains équipements. Logique.

Chez Peugeot, les dernières productions de l’actuelle 308 (pas la future génération) sont revenues à des compteurs à aiguilles classiques, au lieu de l’affichage digital. Les clients sont « dédommagés » à hauteur de 400 €.

Les systèmes d’informations embarqués (GPS, autoradio…) souffrent aussi. Chez Renault, sur le Captur, le grand tableau de bord digital est remplacé par un plus petit, sans affichage de la navigation, face au conducteur. Sur la Clio, oublié le chargeur par induction pour téléphone portable et la hi-fi de marque Bose en option est suspendue. Tous les constructeurs sont touchés, mais tous ne veulent pas donner de détails. Et, partout, les délais de livraison augmentent.

Baisse de la production de 2,2 millions de voitures en 2021

Les analystes d’AlixPartners ont revu leurs estimations à la hausse. Il y a cinq mois, le cabinet estimait que la pénurie allait faire baisser la production de 2,2 millions de voitures en 2021. Aujourd’hui, il estime l’impact à 3,9 millions de véhicules à l’échelle mondiale.

Maxime Picat, directeur Europe du groupe Stellantis, groupe né de la fusion en janvier de PSA et Fiat Chrysler, explique : « Nous avons perdu des volumes de production à cause de cette pénurie et nous continuons à en perdre. Nous avons très peu de visibilité dans cette pénurie. Tous les jours, nous avons des réunions de crise sur le sujet. Nous essayons de trouver des solutions alternatives : autres fournisseurs, autres composants. Mais c’est compliqué​ ».

Alors, à quand une éclaircie en vue ? Difficile de dire… En Allemagne, Bosch ouvre à Dresde une nouvelle usine, qui produira des semi-conducteurs pour l’automobile, à partir de septembre. Ce sera le premier grand centre de production en Europe. AlixPartners estime que cette crise pourrait coûter 100 milliards d’euros à la filière auto en 2021.

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