Bannir Huawei coûterait 55 milliards d’euros aux opérateurs européens

Pour interdire Huawei, il faut en avoir les moyens. [Karlis Dambrans/Shutterstock]

Le géant chinois des télécoms est accusé d’espionnage par Washington, qui appelle l’UE à le bannir. Cela coûterait cependant très cher.

Le leader chinois d’équipements réseaux et télécoms a été placé le 16 mai par le gouvernement de Donald Trump sur une liste noire pour des motifs d’espionnage et de mise en danger de la sécurité nationale, ce qui l’empêche non seulement de se fournir auprès d’industriels américains mais aussi de vendre du matériel aux États-Unis, une décision qui a perturbé l’ensemble du secteur technologique.

Un éventuel bannissement en Europe des équipementiers télécoms chinois engendrerait un surcoût de l’ordre de 55 milliards d’euros à la charge des opérateurs télécoms européens pour déployer la 5G, selon les résultats d’une étude conduite par le groupement industriel de la GSMA.

Le chinois Huawei a été placé le 16 mai sur une liste noire aux États-Unis l’empêchant de se fournir auprès d’industriels américains, une décision qui a entraîné la défection de certains de ses fournisseurs et perturbé l’ensemble du secteur technologique.

Les fabricants européens en ordre dispersé

Washington pense que Pékin pourrait se servir de Huawei à des fins d’espionnage, des soupçons balayés par le premier équipementier mondial à de nombreuses reprises.

Si l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont décidé de l’exclure de leurs réseaux mobiles de cinquième génération, en cours de déploiement, les pays européens avancent pour l’heure en ordre dispersé.

Huawei, le révélateur d’une Europe «en ordre dispersé»

Alors qu’en Europe, plusieurs pays songent à interdire ou à limiter Huawei dans les réseaux 5G, l’Institut Montaigne déplore l’incapacité du Vieux Continent à définir une ligne commune. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Le déploiement de la 5G retardé d’un an et demi

La GSMA, une association qui rassemble près de 750 opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile dans le monde, a conduit le mois dernier une étude en vue d’évaluer l’impact pour les opérateurs européens, dont Huawei est un important fournisseur, d’éventuelles restrictions concernant leur approvisionnement auprès des équipementiers chinois.

L’étude, que Reuters a pu consulter, montre qu’une telle mesure engendrerait des surcoûts de l’ordre de 55 milliards d’euros pour les opérateurs télécoms de la région.

Elle se traduirait en outre par un retard moyen de 18 mois par rapport au calendrier initial dans le déploiement de la dernière génération de téléphonie mobile, qui doit permettre de nouveaux usages dans des domaines importants tels que la santé connectée, les véhicules connectés ou encore la ville « intelligente ».

Ce retard serait lié pour partie aux difficultés que pourraient rencontrer les autres équipementiers – Ericsson, Nokia et Samsung – pour répondre à l’ensemble de la demande.

Il s’expliquerait aussi par le délai nécessaire à certains opérateurs pour assurer la transition vers de nouveaux équipements.

Au global, selon cette étude, le retard que prendrait ainsi l’Europe dans la 5G pourrait se traduire par un manque à gagner économique de l’ordre de 45 milliards d’euros à l’horizon 2024.

Huawei voit ses ambitions menacées en Europe

Privé d’Android pour ses futurs terminaux, le groupe chinois, deuxième vendeur de smartphones du globe, pourrait avoir de grosses difficultés à maintenir sa croissance sur le Vieux Continent. Un article de notre partenaire, La Tribune.

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