Berlin veut créer un « Fonds monétaire européen »

La chancelière allemande, Angela Merkel. [ 360b/Shutterstock]

Le gouvernement allemand a réaffirmé sa volonté de mettre sur pied un Fonds monétaire européen, Mais la Commission européenne ne souhaite pas abandonner son droit de regard sur les finances de la zone euro. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

Les tensions persistent autour du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui verse actuellement des milliards d’euros à la Grèce, dans le cadre du troisième plan de sauvetage financier du pays.

La chancelière allemande, Angela Merkel, et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble (tous deux issus de la CDU), veulent moderniser et façonner le fonds de sauvetage installé au Luxembourg sur le modèle du Fonds monétaire international (FMI), en créant ainsi un « Fonds monétaire européen » propre à l’UE.

>> Lire : Lisbonne plaide pour la création d’un Fonds monétaire européen

Angela Merkel et Wolfgang Schäuble veulent que ce « FME » soit en mesure de surveiller les finances de tous les pays de la zone euro. Or, le commissaire européen à la fiscalité, Pierre Moscovici, ne l’entend pas de cette oreille, étant donné que la supervision des budgets de la zone euro relève de la compétence de la Commission.

Le 7 mars, Pierre Moscovici s’est entre autres entretenu avec l’adjoint de Wolfgang Schäuble, Jens Spahn, et le député allemand Ralph Brinkhaus (tous deux membres de la CDU).

Il y a de grandes chances que le commissaire français continue de défendre l’implication de l’institution dans ce domaine. Il avait auparavant souligné qu’un Fonds monétaire européen ne devrait « pas être un organe composé uniquement de technocrates ».

Dans le passé, la Commission s’est montrée indulgente dans ses évaluations des politiques budgétaires de la zone euro, en accordant notamment un sursis à l’Italie et à la France en 2015. Au goût de Berlin, elle a parfois été trop clémente.

Du point de vue allemand, l’option, soutenue par Angela Merkel et Wolfgang Schäuble, de transformer le Fonds de sauvetage actuel en une institution à part entière qui superviserait les finances des 19 pays de la zone euro constituerait un progrès considérable dans l’intégration de l’UE.

Une décision quant à l’avenir de l’UE après le Brexit sera prise au plus tard après les élections allemandes de septembre prochain. Angela Merkel a déjà indiqué qu’elle favorisait l’option d’une Europe à plusieurs vitesses. Si ce scénario s’appliquait, cela pourrait notamment se traduire par une coopération plus étroite des membres de la zone euro.

Lors d’un mini-sommet ayant réuni les dirigeants français, allemand, italien et espagnol le 6 mars, les quatre puissances économiques européennes les plus importantes ont prôné un modèle d’intégration différenciée.

>> Lire : Le noyau dur de l’UE appelle à une nouvelle dynamique politique

L’eurodéputé Vert allemand Sven Giegold craint cependant que la transformation du SEM en Fonds monétaire européen ne contourne le Parlement européen et la Commission. Il a également averti que Berlin « mettait en péril les institutions européennes » au Conseil européen et a reproché à l’ancien président du Parlement et principal rival Angela Merkel, Martin Schulz (SPD), de ne pas s’être prononcé sur le sujet.

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