Un scandale sanitaire au Brésil met en péril l’accord UE-Mercosur

Le Brésil est le plus gros exportateur de bœuf au monde, avec l’UE pour principal partenaire commercial. [Tambako/ Flickr]

L’UE insiste pour que les dirigeants brésiliens tiennent une réunion urgente afin de s’expliquer au sujet du scandale de la viande avariée impliquant deux grandes entreprises exportatrices du pays. Un article d’Euractiv Espagne.

Après la révélation du scandale de vente de viande avariée au Brésil, le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, a déclaré aux médias nationaux avoir été contacté au téléphone par les représentants européens de l’agriculture, qui se sont réunis le 20 mars pour aborder la question. I

Le 17 mars, le Brésil, l’un des producteurs alimentaires les plus importants du monde, a découvert que d’importants producteurs de viande avaient soudoyé des inspecteurs sanitaires pour qu’ils certifient des aliments avariés comme propres à la consommation humaine.

Négociations commerciales en péril

L’UE et le Mercosur devraient poursuivre leurs négociations pour la conclusion d’un important accord commercial, mais la communauté économique d’Amérique du Sud est naturellement inquiète de l’impact du scandale sur les discussions en cours. Un représentant du ministère des Affaires étrangères a reconnu que cela « [compliquait] réellement les négociations ».

Le pays sud-américain est le plus gros exportateur de bœuf et de poulet, et le quatrième exportateur de porc au monde. Les exportations de ces produits ont représenté 7,6 % des échanges commerciaux du pays en 2016, dépassant les 11,6 milliards de dollars, avec l’UE pour principal partenaire commercial.

Afin de préserver son commerce lucratif, le président brésilien, Michel Temer, a même invité les ambassadeurs à manger un bifteck pour leur prouver que l’industrie de la viande n’était absolument pas dangereuse. Il a reconnu les problèmes passés, mais a affirmé qu’ils ne représentaient pas de risques plus importants.

Le Mercosur prêt à négocier un accord commercial avec l'UE

Les ministres des Affaires étrangères du Mercosur ont adopté une position commune pour entamer des négociations sur un accord commercial avec l’UE. Les représentants européens se rendront en Argentine la semaine prochaine pour entamer le dialogue avec leurs homologues sud-américains. Un article d’Euractiv Espagne.

« Ce problème touche et touchera tout le monde. Je ne sais pas quelles en seront les conséquences mais je sais que nous rencontrerons des problèmes et qu’il faudra travailler d’arrache-pied pour minimiser leur incidence. Nous disposons d’un système robuste et rigide qui est validé par nos acheteurs internationaux, mais il ne fonctionne plus dès lors que des personnes sont corrompues», a expliqué Blairo Maggi.

« L’enquête de la police fédérale a démontré qu’un crime a été commis contre la population brésilienne, ce qui mérite d’être sévèrement puni », peut-on lire dans un communiqué du ministre, qui a coupé court à un arrêt maladie de dix jours pour prendre la situation en main.

Blairo Maggi a souligné que « de nombreuses actions ont déjà été mises en œuvre pour corriger les distorsions et lutter contre la corruption », ajoutant que « de nouvelles mesures seront à présent prises ». Le ministre a conclu qu’une « tolérance zéro » serait de mise.

Merkel en faveur d’un accord «équitable» avec le Mercosur

Le 4 février, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé son intention de conclure un traité de libre-échange « équitable » entre l’Union européenne et le Mercosur, la communauté économique sud-américaine.

 

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