Brexit: Goldman Sachs relocalise en masse à Paris et Francfort

Le siège européen de Goldman Sachs à Londres

La Banque d’affaire a déjà commencé à quitter la place financière de Londres. Paris n’était, jusqu’alors, pas évoquée dans les plans de relocalisation. Un article de notre partenaire La Tribune.

La puissante banque d’affaires a commencé à transférer des emplois de Londres vers le continent et envisage de créer « des centaines » de postes, principalement dans la ville allemande et la capitale française, selon l’AFP. Le patron de Goldman Sachs était de passage à Paris dont il a salué « l’énergie positive ».

La cour empressée des autorités françaises auprès des grandes banques étrangères sans domiciliation fixe en Europe post-Brexit aurait-elle fait changer d’avis Goldman Sachs ? La puissante banque d’affaires américaine compte « créer des centaines de postes » en Europe continentale et relocaliser un grand nombre de traders et de banquiers de Londres vers Francfort et Paris, selon l’AFP à New York, qui cite une source proche du dossier.

Ce serait une victoire pour la capitale française, car jusqu’ici la banque new-yorkaise n’avait parlé que de Francfort, où le dirigeant de la filiale locale avait envisagé de tripler, voire quadrupler, et non plus seulement doubler ses effectifs sur place. De passage dans la plus grande ville du land de Hesse, le patron de Goldman, Lloyd Blankfein, lui-même, avait confié il y a un mois sur Twitter : « super réunions, beau temps, j’ai vraiment apprécié. C’est bien, parce que je vais y passer beaucoup plus de temps ».

« Énergie positive » à Paris

À Paris ce mardi pour célébrer les trente ans d’implantation de la banque américaine, le même Lloyd Blankfein a parlé de « l’importance de son business en France » et donné cette fois-ci des bons points à l’Hexagone : « Frappé par l’énergie positive ici à Paris. Un gouvernement solide et des chefs d’entreprise sont engagés dans les réformes économiques et ont accompli les premières étapes. Et aussi, la nourriture est bonne ! »

Une banquière de Goldman Sachs à Paris observait il y a quelques jours : « On ne fait pas assez la publicité de la place de Paris : quand on cumule la capitalisation boursière des entreprises cotées, la France est deuxième en Europe derrière le Royaume-Uni. Nous avons un tissu industriel de qualité, des poids lourds de la gestion d’actifs, ce sont des éléments forts d’attractivité. »

Si les grandes banques américaines, qui emploient plusieurs milliers de personnes à Londres, ont dans l’ensemble déjà choisi leur solution de repli et fait le deuil du « passeport européen » donnant accès au marché unique depuis le Royaume-Uni, certains points restent suspendus, non aux discussions de divorce avec l’UE, qui doivent aboutir avant mars 2019, mais aux exigences futures des régulateurs : l’Autorité bancaire européenne, la Banque centrale européenne, l’Autorité européenne des marchés financiers ainsi que la Commission. Les annonces faites jusqu’ici ne sont donc que la première étape d’un mouvement qui pourrait se faire en plusieurs vagues.

« Nous nous interrogeons encore sur le sort de nos 1.000 traders à Londres », nous confiait récemment le dirigeant de la filiale européenne d’une grande banque américaine. « Ce sont des personnels de haute valeur à qui l’on ne peut imposer une relocalisation dans une ville qui ne leur convient pas, sinon ils risqueraient de partir. Il serait souhaitable qu’ils soient regroupés ».

Rien n’est encore décidé sur ce point et son employeur reste très ouvert aux propositions des différents gouvernements.