Brexit : « ne luttez pas contre la City », prévient le gouverneur de la Banque d’Angleterre

Dans un discours prononcé devant les dirigeants financiers de Londres, M. Bailey a exprimé ses inquiétudes quant à la position de l'UE, qui consiste à attendre "de mieux comprendre comment le Royaume-Uni entend modifier ou changer les règles à l'avenir". [EPA-EFE/ANDY RAIN]

Mardi 10 février, le gouverneur de la Banque d’Angleterre Andrew Bailey a demandé à l’UE de ne pas mener de bataille réglementaire contre le Royaume-Uni en matière de services financiers, avertissant qu’« un monde dans lequel l’UE dicte et détermine les règles et les normes dont nous disposons au Royaume-Uni ne fonctionnera pas ».

Dans un discours prononcé devant les dirigeants financiers de Londres, M. Bailey a exprimé ses inquiétudes quant à la position de l’UE, qui consiste à attendre « de mieux comprendre comment le Royaume-Uni entend modifier ou changer les règles à l’avenir ».

« C’est une norme à laquelle l’UE ne tient aucun autre pays et qu’elle n’accepterait pas, je suppose, d’être tenue elle-même », a ajouté le gouverneur.

Bien que le retrait du Royaume-Uni du marché unique européen ait obligé de nombreuses entreprises à transférer certains de leurs services hors de Londres et à s’installer dans d’autres centres financiers comme Francfort et Paris, Londres reste le principal centre financier européen et la principale industrie du Royaume-Uni, contribuant à plus de 10 % de ses recettes fiscales.

L’accord de commerce et de coopération entre le Royaume-Uni et l’UE, qui est entré en vigueur le 1er janvier, ne couvre pas les services financiers, ce qui signifie que le Royaume-Uni n’est plus en mesure de « faire passer » ses services à travers l’Union après qu’elle a refusé d’accepter la « reconnaissance mutuelle » des lois britanniques sur les services financiers.

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« Nous nous y étions préparés activement, et la continuité des activités financières est aujourd’hui heureusement assurée », a indiqué le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau lors de ses vœux à la place financière mardi (19 janvier).

Au lieu de cela, l’accord ne comprend qu’une déclaration commune sur la coopération en matière de réglementation des services financiers et un engagement à convenir d’un protocole d’accord établissant un cadre pour la coopération future d’ici la fin du mois de mars.

La déclaration commune indique que cela inclurait la transparence et un dialogue approprié dans le processus d’adoption, de suspension et de retrait des décisions d’équivalence.

Mais les fonctionnaires britanniques se sont également plaints ces dernières semaines du fait que la Commission européenne traîne les pieds en ce qui concerne l’octroi de l’« équivalence », en vertu de laquelle l’exécutif de l’UE décide si un secteur répond aux normes réglementaires, malgré le fait que le Royaume-Uni applique actuellement les mêmes réglementations que l’UE en matière de services financiers.

M. Bailey a ajouté que le Royaume-Uni n’avait pas l’intention d’aller vers une « réglementation faible, un risque élevé, tout est permis au centre et au système financiers », bien que l’assouplissement de la réglementation ait été l’une des demandes des partisans d’un Brexit dur depuis le référendum de 2016.

La Banque d’Angleterre, qui fait également office de régulateur des services financiers britanniques, a entamé une révision de la réglementation des assurances et des règles applicables aux petites banques.

Au début de ce mois, TheCityUK, un groupe de pression du secteur, a exhorté les responsables britanniques et européens à s’entendre rapidement sur le protocole d’accord. Outre l’équivalence, le groupe de pression a également appelé à un accord à long terme sur l’adéquation des données, à la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, à l’exécution transfrontalière des jugements dans les litiges civils et commerciaux, et à une plus grande clarté pour les voyages d’affaires entre le Royaume-Uni et l’UE, qui ne sont pas couverts par l’accord commercial post-Brexit.

Edité par Louise Rozès Moscovenko

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