Bruxelles approuve en priorité les plans de relance de l’Espagne et du Portugal

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (à g.) et le Premier ministre portugais Antonio Costa.

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, entamera mercredi 16 juin une tournée qui débutera en Espagne et au Portugal et se poursuivra dans plusieurs pays de l’Union pour annoncer le feu vert de Bruxelles aux plans nationaux d’investissement et de réforme. Un article d’Euroefe.

Après l’Epagne et le Portugal, la cheffe de l’exécutif européen se rendra jeudi 17 juin en Grèce et au Danemark, avant de faire étape, vendredi 18 juin, au Luxembourg, où un conseil des ministres de l’Économie et des Finances des Vingt-sept se tiendra ce jour-là.

« L’objectif est de présenter le résultat de l’évaluation et notre recommandation au Conseil d’approuver les plans de relance nationaux respectifs », a déclaré la porte-parole de l’UE, Dana Spinant, à propos du voyage.

Bien qu’il soit tenu pour acquis que les visites dans ces cinq pays seront destinées à communiquer l’aval de Bruxelles, Dana Spinant a insisté sur le fait que la Commission devait encore finaliser les évaluations et que le collège des commissaires devait les approuver.

L’analyse des plans « est dans la dernière ligne droite » mais « il reste encore quelques étapes » a souligné la porte-parole. Elle a expliqué que le collège des commissaires pouvait aussi bien adopter les évaluations lors de sa réunion – en présentiel – prévue mardi 22 juin, que par le biais d’une procédure écrite qui pourrait avoir lieu n’importe quel jour.

Bien que les détails du voyage ne soient pas encore connus, les visites d’Ursula von der Leyen devraient l’amener sur les lieux des projets qui seront financés grâce à l’aide du fonds de relance « Next Generation EU » dans chaque pays, ainsi qu’à la rencontre de la presse locale.

L'analyse des plans de relance montre que l'UE ne parviendra pas à atteindre ses objectifs numériques pour 2030

Une analyse de 12 plans de relance soumis par des États membres de l’Union européenne indique que l’investissement proposé fera en sorte que le bloc sera radicalement en deçà des objectifs numériques qu’il s’est fixé pour la fin de la décennie.

La présidente de l’exécutif communautaire transfère ainsi au niveau national la prérogative d’actionner l’outil européen le plus puissant face aux effets de la pandémie, au moment où la vaccination contre le covid-19 s’est accélérée – 50% des adultes européens ont déjà reçu une dose – et où les voyages intracommunautaires reprennent à l’approche de l’été.

Plusieurs plans sur la ligne de départ

Ce n’est que si leur plan national est accepté que les pays pourront bénéficier du fonds de relance de 800 milliards d’euros (en prix courants) convenu en juillet 2020, à savoir les 338 milliards d’euros de subventions et les 383,5 milliards d’euros de prêts du mécanisme de relance et de résilience.

L’Espagne a droit à 69,5 milliards de transferts directs et à 84,8 milliards de prêts qu’elle n’a, pour l’heure, pas demandés, ce qui en fait la deuxième bénéficiaire principale, juste après l’Italie (avec 191,6 milliards d’euros au total).

Le gouvernement espagnol, comme les exécutifs portugais, danois, grec et luxembourgeois, a été parmi les premiers à envoyer officiellement son plan de relance à la Commission, qui entend donner son feu vert en juin aux feuilles de routes remises au 30 avril, la date qui avait été indiquée à titre indicatif.

La France, l’Allemagne et la Lettonie devraient également faire partie de ce groupe, tandis que pour ceux qui ont envoyé leurs plans plus tard, l’approbation devrait intervenir en juillet.

Charles Michel souhaite lier davantage les régions aux plans de relance nationaux

Le président du Conseil européen Charles Michel souhaite lier davantage les régions aux plans de relance nationaux actuels. Telle est la conclusion de son entretien avec le Comité des Régions (CdR) mercredi (17 mars). Un article d’Euractiv Allemagne.

Seuls quatre des 27 États membres – Malte, la Bulgarie, l’Estonie et les Pays-Bas – n’ont pas encore soumis leurs plans, alors que cinq d’entre eux – la Slovénie, la Pologne, la Suède, la Croatie et la Roumanie – ont demandé à la Commission de prolonger le délai de deux mois dont elle dispose pour évaluer les documents, afin d’adapter leurs plans.

Deuxième étape : le feu vert des pays

Une fois que la Commission a donné son accord, la balle passe au Conseil (les États membres), qui dispose de quatre semaines pour approuver, à la majorité qualifiée, les propositions de ses partenaires.

Si le plan espagnol obtient le feu vert la semaine prochaine, la première occasion qui se présentera au Conseil pour l’approuver sera le vendredi 18 juin, lors de la réunion des ministres de l’Économie à Luxembourg.

Le Portugal, qui préside l’institution ce semestre, souhaite que les premiers plans soient approuvés lors de cette réunion et est prêt à convoquer une autre réunion ministérielle extraordinaire à la fin du mois de juin pour adopter un deuxième lot, selon son Premier ministre, António Costa.

Mais aucune décision ne sera prise avant la semaine prochaine sur le moment où il convient d’aborder la question. Pour l’heure, il est seulement prévu que la Commission informe les ministres sur l’évaluation des plans vendredi 18 juin à Luxembourg, selon des sources de la présidence.

La prochaine réunion formelle est prévue le 13 juillet.

Parallèlement, l’exécutif communautaire commencera dans les prochains jours à émettre de la dette pour financer le fonds de relance – environ 80 milliards d’euros cette année -, afin de pouvoir commencer à verser en juillet les avances de 13 % des fonds auxquels les pays pourront prétendre lorsqu’ils auront reçu l’approbation du Conseil.

Le fait que l’Espagne fasse partie, si tout va bien, de la première série de pays dont le plan est approuvé par la Commission, constitue un bon point de départ pour figurer parmi les premiers à recevoir ce financement, qui dans son cas avoisine les 9 milliards d’euros.

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