Bruxelles et Washington règlent définitivement leur différend sur le bœuf

Le bœuf aux hormones est strictement interdit en Europe. [U.S. Department of Agriculture/Flickr]

L’Union européenne et les États-Unis ont signé un accord pour régler définitivement leur ancien contentieux portant sur les exportations de bœuf américain, a annoncé Donald Trump vendredi en qualifiant l’accord « d’avancée majeure ».

« C’est une victoire immense » pour les éleveurs américains, a estimé le président américain, affirmant que « le bœuf américain était le meilleur du monde ».

L’accord de principe avait été annoncé mi-juin. Négocié au nom des 28 pays membres par la Commission avec les États-Unis et les principaux fournisseurs étrangers de bœuf, il prévoit un quota plus important pour le bœuf américain « de haute qualité », c’est-à-dire sans hormones.

« La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s’accroître de 46 % », a déclaré l’hôte de la Maison-Blanche. « Au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires », a-t-il ajouté.

Bœuf aux hormones

La querelle sur le bœuf aux hormones remontait à 1988, quand l’Europe a interdit l’importation de viande bovine issue d’animaux auxquels ont été administrées des hormones de croissance.

En représailles, et en accord avec une décision de l’OMC, les États-Unis avaient imposé en 1999 des sanctions douanières sur certains produits du terroir, provoquant notamment de vives protestations en France et le « démontage » d’un restaurant McDonald’s à Millau, dans le Sud-Ouest.

Aux termes d’un compromis en 2009 (amendé en 2014), les États-Unis avaient finalement levé leurs sanctions et l’UE ouvertes un quota d’importation de bœuf étranger « de haute qualité », incluant le bœuf américain, tout en maintenant son veto sur le bœuf aux hormones.

Les agriculteurs français dénoncent l’accord européen sur le bœuf aux hormones

Le Parlement européen a approuvé un accord censé mettre un terme à une guerre commerciale vieille de plus de 20 ans entre les États-Unis et l’Europe. Mais le principal syndicat agricole français réfute en bloc le compromis trouvé.

Mais ce quota a surtout été utilisé par d’autres pays producteurs de bœuf, ce qui a conduit fin 2016 l’administration Obama à menacer l’UE de rétablir les droits de douane de 1999.

Quotas

La renégociation de ce mémorandum permet aux États-Unis de se voir garantir une part du quota.

Mi-juin, Bruxelles avait fait état d’un quota allant jusqu’à 35 000 tonnes. Cette allocation prendra forme graduellement, sur sept ans, en commençant par 18 500 tonnes la première année, avait alors précisé une source à la Commission.

La valeur des « exportations annuelles devrait passer de 150 millions à 420 millions de dollars lorsque l’accord sera pleinement mis en œuvre » a précisé les services du représentant américain au Commerce (USTR) dans un communiqué.

« Les éleveurs américains produisent le meilleur bœuf au monde. Grâce au leadership du président Trump, ce nouvel accord permet aux éleveurs américains de vendre davantage de ce bœuf à l’Europe », a commenté l’USTR Robert Lighthizer, qui a signé l’accord avec Jani Raappana, le représentant la présidence de l’UE et l’ambassadeur Stavros Lambrinidis de la Délégation de l’UE.

L’accord doit prendre effet à l’automne après approbation du Parlement européen, a également souligné l’USTR.

Les quotas de viande embarrassent la France dans les accords commerciaux

Alors que la France monte au créneau contre les quotas de viande prévus au sein de l’accord UE/Mercosur, elle programme dans le même temps la ratification du CETA, pourtant dénoncé par les producteurs de viande bovine.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.