Bruxelles propose un délai à la Hongrie pour examiner son plan de relance

« Ce que nous avons proposé aux autorités hongroises, c'est une prolongation jusqu'au 30 septembre », a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, à l'issue d'une visioconférence avec les 27 ministres des Finances de l'UE. [STEPHANIE LECOCQ/EPA]

Bruxelles a proposé à la Hongrie un délai supplémentaire pour l’examen de son plan de relance de 7,2 milliards d’euros, freiné par des désaccords sur l’Etat de droit, a annoncé lundi un responsable européen.

« Ce que nous avons proposé aux autorités hongroises, c’est une prolongation jusqu’au 30 septembre », a déclaré le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, à l’issue d’une visioconférence avec les 27 ministres des Finances de l’UE.

Ce délai supplémentaire devra être accepté « par les autorités hongroises elles-mêmes », a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse.

Soumis à Bruxelles le 12 mai, le plan hongrois d’investissements et de réformes qui permet à Budapest de prétendre à 7,2 milliards d’euros de subventions européennes, aurait dû faire l’objet d’une décision de la Commission le 12 juillet, au plus tard, au terme des deux mois d’examen prévus par la procédure.

Mais la Commission réserve toujours sa décision, sur fond de fortes tensions avec Budapest après l’adoption d’une loi hongroise accusée de porter atteinte aux droits des personnes LGBT. Cette loi a été condamnée par la plupart des Vingt-Sept, par une résolution du Parlement à une forte majorité et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, l’a qualifiée de « honte ».

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban présente cette loi comme un instrument de protection des enfants et refuse de la retirer malgré les critiques.

L’UE affirme que son refus de valider le plan de relance n’a pas de lien avec la loi LGBT. Elle justifie l’absence de feu vert à ce stade par un manque de transparence sur la passation des marchés publics, une lutte insuffisante contre la corruption et le manque d’indépendance du système judiciaire. Des griefs déjà formulés de longue date sur lesquels elle juge les réformes hongroises insuffisantes.

La réunion en visioconférence des ministres des Finances de l’UE a par ailleurs approuvé lundi les plans de relance de quatre pays (Croatie, Chypre, Lituanie et Slovénie) qui avaient déjà reçu un feu vert de la Commission. Cela porte à seize le nombre total de pays membres dont les plans de relance ont été définitivement approuvés.

Outre la Hongrie, seule la Pologne a également vu l’instruction de son plan par Bruxelles dépasser le délai prévu de deux mois. Les Pays-Bas et la Bulgarie n’ont pas encore soumis leurs projets.

Ces plans sont financés par un recours à un emprunt commun, une formule inédite, qui incarne la solidarité européenne face à la crise du Covid-19. Ils font partie du plan de relance « NextGenerationEU » d’un total de 750 milliards d’euros.

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