Bruxelles veut mettre en place une identité numérique européenne

« L’identité numérique européenne nous permettra de faire dans n’importe quel État membre ce que nous faisons chez nous, sans frais supplémentaires et avec moins d’obstacles. », a déclaré la vice-présidente de la Commission, Margrethe Vestager, qui a dévoilé le projet avec le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Bruxelles a proposé jeudi (4 juin) un plan pour établir un système d’identification numérique sécurisé utilisable dans toute l’Europe à partir de son téléphone afin d’accéder à des services en ligne ou partager des documents.

L’objectif est de faire en sorte que tous les citoyens et entreprises aient accès, s’ils le souhaitent, à une identité numérique nationale qui soit reconnue à travers l’UE pour faciliter et sécuriser leurs démarches, a expliqué la Commission européenne dans un communiqué.

« L’identité numérique européenne nous permettra de faire dans n’importe quel État membre ce que nous faisons chez nous, sans frais supplémentaires et avec moins d’obstacles. Que ce soit louer un appartement ou ouvrir un compte bancaire en dehors de notre pays d’origine. Et de le faire d’une manière sûre et transparente », a déclaré la vice-présidente de la Commission, Margrethe Vestager, qui a dévoilé le projet avec le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton.

Plusieurs systèmes numériques d’identification sont déjà proposés par des gouvernements et des entreprises privées.

Mais l’exécutif européen souhaite assurer un accès universel à ces solutions, garantir qu’elles soient utilisables très largement. Ce « portefeuille » d’identité numérique européenne devra notamment être accepté par les grandes plateformes comme moyen d’identification des utilisateurs, si ces derniers le souhaitent.

Le « portefeuille » pourra être associé à divers documents comme le permis de conduire, des diplômes ou des comptes bancaires…

Mais l’utilisateur sera en capacité de déterminer quels éléments de son identité, quelles données ou certificats seront partagés avec des tiers, afin de limiter l’accès à ses informations personnelles au strict nécessaire. Bruxelles promet des normes de sécurité « au meilleur niveau ».

Pour arriver à la mise en place du nouveau système, qui s’appuiera sur les solutions nationales déjà existantes en les rendant interopérables, la Commission européenne prévoit une modification de réglementation. Elle invite les États membres à « créer une boîte à outils commune d’ici à septembre 2022 et à commencer immédiatement les travaux préparatoires nécessaires ».

« Cette boîte à outils devrait comprendre l’architecture technique, les normes et des lignes directrices s’appuyant sur les meilleures pratiques », a expliqué l’exécutif européen.

Bruxelles entend travailler avec les Vingt-Sept et le secteur privé sur les aspects techniques.

La transition numérique fait partie des grands priorités de la Commission européenne. Elle s’est notamment fixé pour objectif d’ici à 2030 que tous les services publics de l’UE soient disponibles en ligne et que tous les citoyens aient accès à un dossier médical électronique. À cette date, elle espère que 80% d’entre eux utiliseront une solution d’identité électronique.

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