Bruxelles veut une enquête de l’UE sur le scandale Danske Bank

Bank

Bruxelles veut une enquête de l’UE sur les manquements en matière de surveillance qui ont conduit au scandale de blanchiment d’argent touchant la première banque danoise Danske Bank.

Confirmant un article du quotidien britannique Financial Times, l’un des porte-paroles de l’exécutif européen, Christian Wigand, a précisé à l’AFP que la Commission avait adressé une lettre à l’Autorité bancaire européenne (EBA en anglais) organe de surveillance de l’UE – pour l’instant basé à Londres -, lui demandant d’« utiliser pleinement » ses pouvoirs pour enquêter sur ce qui s’est passé dans la surveillance de la succursale estonienne de l’établissement danois, suite aux révélations de manquements internes qui ont amené le directeur général de Danske Bank à démissionner mercredi.

La difficile lutte contre le blanchiment d’argent en Europe

Malgré un renforcement des règles contre le blanchiment d’argent, les insuffisances demeurent nombreuses du côté des États membres, de la Banque centrale européenne et de la Commission.

Dans cette lettre, que le Financial Times a pu lire, la Commission demande à l’EBA « d’enquêter sur la possible violation ou non-application du droit de l’Union tant par les autorités de surveillance estoniennes que danoises » et appelle à ce que les problèmes soient traités « avec le degré d’urgence nécessaire ».

Le 2 octobre prochain, lors d’une réunion des ministres des Finances de l’UE à Luxembourg, la commissaire européenne à la Consommation, Vera Jourova, compte discuter de cette affaire avec les ministres danois et estoniens, et également présenter des propositions contre le blanchiment d’argent, a précisé le porte-parole de la Commission à l’AFP.

Ce scandale qui a pris de l’ampleur ces derniers jours au Danemark, pays traditionnellement cité pour son faible niveau de corruption, concerne avant tout la filiale estonnienne de Danske Bank.

Fonds suspects

Selon la banque danoise qui a commandé un rapport indépendant, cette filiale a vu transiter entre 2007 et 2015 quelque 200 milliards d’euros à travers les comptes de 15 000 clients étrangers non-résidents en Estonie.

Une part importante de ces fonds a été jugée suspecte et pourrait porter la somme d’argent sale à plusieurs dizaines de milliards d’euros, provenant essentiellement de la Russie.

Cette affaire, objet d’une enquête du parquet financier de Copenhague et de l’autorité danoise des marchés financiers, promet d’être tentaculaire, l’agence britannique de lutte contre la criminalité ayant annoncé vendredi enquêter sur l’implication d’une société britannique.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.