Budget de la zone euro et Brexit au menu du dernier sommet européen de l’année

La question budgétaire de la zone euro sera au centre du Conseil européen des 13 et 14 décembre.

Les discussions autour de la création d’un budget de la zone euro devaient être le point phare du Conseil européen des 12 et 13 décembre. Mais le Brexit va une nouvelle fois jouer les troubles-fêtes.

Le dernier sommet européen de l’année 2018 s’annonce chargé. L’avancée la plus attendue de la réunion des chefs d’État et de gouvernement des 13 et 14 décembre devrait porter sur un accord des 19 pays de la zone euro sur la nécessité d’un budget commun.

Un sujet porté par la France, qui a « bon espoir que l’idée soit actée par l’ensemble des pays de la zone euro », selon une source proche du dossier.

Défendue par Emmanuel Macron depuis son entrée en fonction, cette avancée budgétaire est vu comme cruciale pour favoriser la convergence économique et sociale entre les États membres. La France et l’Allemagne avaient accordé leurs vues sur ce sujet à Meseberg en juin.

Berlin et Paris annoncent un budget de la zone euro en 2021

Les ministres allemands et français des Finances ont présenté leur projet de budget pour la zone euro en 2021. Mais certains pays peinent à y voir la plus-value à l’image des Pays-Bas.

Mais l’idée fait encore face au manque d’enthousiasme de certains pays, dérangés par la création d’u budget limité à 19 États membres.

Budget dépendant de la taxe sur le numérique

L’avancée attendue devrait donc se limiter à une déclaration politique, puisque les questions de volume du budget par exemple ne seront pas encore abordés.

Paris veut cependant y croire et espère obtenir un accord de principe pour donner un mandat clair et initier l’impulsion pour « que ce budget soit opérationnel fin 2020 », d’après la même source.

Un des grands objectifs est de donner les moyens à la zone euro de faire face plus facilement et plus rapidement à une éventuelle crise économique. C’est ce volet « stabilisation » qui pose le plus de problèmes. Prévu pour renflouer un État en cas de crise, les pays du Nord craignent de payer trop souvent pour ceux du Sud.

Le montant du futur budget de la zone euro sera une part du budget global de l’UE, que les chefs d’États et de gouvernement doivent également discuter lors de la réunion de Bruxelles.

Pas de renégociation du Brexit côté européen

Les discussions sur le budget de la zone euro devront toutefois faire avec un invité de dernière minute au menu des discussions, le Brexit. La ratification de l’accord par le parlement britannique a été reportée en catastrophe lundi par Theresa May, faute de majorité.

Un nouveau contretemps qui a poussé le président du Conseil européen, Donald Tusk a convoqué un sommet consacré au Brexit jeudi à Bruxelles, « pour répondre aux préoccupations des Britanniques sur l’accord de divorce ».

L’objectif est de gagner un peu de temps pour renégocier les termes de l’accord, et le fameux filet de sécurité, qui doit permettre de conserver l’unité territoriale de l’île d’Irlande au cas où aucun accord douanier ne serait trouvé entre l’UE et le Royaume-Uni dans les négociations post-Brexit.

La frontière entre les deux blocs se situerait alors de fait sur l’île de Grande Bretagne, laissant l’Irlande du Nord dans le giron européen. Inacceptable pour les parlementaires britanniques.

May termine son tour d'Europe les mains vides

Theresay May s’apprête à revenir les mains vides de sa visite des capitales européennes où elle a cherché à obtenir le soutien des dirigeants européens pour sauver l’accord de Brexit

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a pourtant déjà fait savoir qu’aucune renégociation n’était prévue et que l’accord en l’état était le seul possible. La volonté de ne pas en venir à une situation où le filet de sécurité serait mis en œuvre est également rappelée.

Mais l’urgence est ailleurs pour Theresa May, la Première ministre. Elle affronte mercredi soir un vote de défiance de la part de son propre parti des conservateurs et pourrait alors être évincée du pouvoir, ce qui éloignerait d’autant plus la perspective de ratification de l’accord avant mars 2019.

Elle a entamé en urgence des visites européennes pour tenter de faire bouger les lignes, mais l’unité des 27 paraît difficilement contournable. Emmanuel Macron doit s’entretenir avec elle avant jeudi midi.

La réforme de Dublin toujours en panne

Aucune avancée majeure n’est en revanche attendue sur la question de la réforme migratoire lors du Conseil. La Commission européenne veut faire adopter cinq des sept points à l’agenda, pour obtenir un consensus. La réforme de la procédure d’asile et surtout celle du règlement de Dublin sont pour l’instant écartées en raison d’un blocage de plusieurs pays, dont le groupe de Visegrad.

« La présidence autrichienne n’a pas non plus beaucoup aidé sur ce point », regrette-t-on à Bruxelles.

Les pays de Visegrad font sombrer la réforme de l'asile

Face à l’opposition des pays du groupe de Visegrád, Jean-Claude Juncker et sa Commission ont officiellement abandonné leur objectif de réformer le système d’asile européen.

L’Allemagne et la France ont présenté un « papier » commun la semaine dernière qui ancrerait le principe de solidarité pour tous les États européens mais avec des modalités d’application différentes pour chacun, à la carte.

Pour les États moteurs sur ce sujet, dont la France, le Conseil doit servir à « tester » si la réforme peut être « débloquée ». L’espoir d’un accord début 2019 sur l’ensemble du paquet de réformes, les sept points, est toujours présent du côté français.

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