Carte, virement, chèque ou cash: comment paie-t-on en Europe?

Évolution des usages des différents moyens de paiement dans l'Union européenne depuis 2000, en milliards de transactions par an : en jaune la carte, de plus en plus dominante; en vert, le chèque, en déclin continu; en bleu le virement et en rouge le prélèvement, en progression constante. [BCE]

L’usage de la carte continue de progresser, mais les habitudes de paiement portent de profondes disparités culturelles.  Un article de notre partenaire, La Tribune.

Qui est le champion de la carte bancaire ? Le roi du chèque ? Le numéro un du cash ? Malgré le passage à l’euro et la mise en place du SEPA, l’espace unique de paiement en euros, les habitudes de paiement restent fortement marquées par des spécificités culturelles en Europe, y compris au sein de la zone euro, comme le montrent les derniers chiffres publiés par la Banque centrale européenne. Seule tendance observée presque partout : l’usage de la carte continue de progresser et représente presque la moitié des paiements scripturaux (par opposition aux espèces) réalisés en Europe en volume (49% en moyenne, 42% pour les pays de la zone euro).

Le nombre de transactions par carte a augmenté de 12,2% l’an dernier dans l’UE pour atteindre 59,6 milliards et un montant total de 2.900 milliards d’euros.

La France est au-dessus de la moyenne : la carte est depuis 2003 le moyen de paiement préféré des Français qui l’ont utilisée pour 52,6% des transactions. Mais l’exception française reste le chèque : plus de 2,1 milliards signés dans l’Hexagone l’an dernier (10,2% des paiements), soit 70% de l’ensemble des chèques émis dans toute l’Union !

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[Zoom sur les statistiques de paiements de certains pays, dont la France. Source : BCE]

Le Danemark champion de la carte bancaire

Le champion haut la main de la carte est cependant le Danemark : 81,3% des paiements scripturaux y ont été réalisés en « monnaie plastique » l’an dernier ! Soit près de 330 opérations par an par habitant, une tous les deux jours, contre une moyenne de 97 dans l’UE (164,5 en France).

C’est l’un des pays scandinaves les plus avancés dans sa trajectoire vers un monde sans cash (ou presque) : la Banque centrale danoise a même cessé d’imprimer des billets en fin d’année dernière et externalisé la production de pièces (les couronnes danoises) à son voisin finlandais ! Pour autant, le Danemark ne croit pas à la disparition totale des espèces, qui continuent d’être utilisées pour les paiements entre particuliers, tout en étant de plus en plus concurrencées par des nouveaux modes de transfert d’argent par mobile notamment. Le cash y représenterait encore 20% des paiements dans le commerce, tandis que l’usage du chèque a carrément disparu des statistiques.

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[Disparition du chèque et déclin du cash dans les paiements dans le commerce. Source : Danish Payments Council, rapport sur le rôle du cash dans la société, août 2016]

La Suède, reine du « cashless »

En Suède aussi, la carte domine et représente les deux tiers des transactions. Au cours des cinq dernières années, les paiements par carte ont augmenté de 50%, tandis que les retraits d’espèces ont chuté d’un tiers, selon la banque centrale Riksbank. Dans ce pays technophile et très connecté, la valeur des billets et pièces en circulation a diminué de 15% entre 2007 et 2015 et le cash ne représenterait plus que 1% des paiements en montants.

L’usage de la carte a en fait légèrement régressé au profit des virements (27,3% des transactions), notamment en raison du succès fulgurant de l’application de paiement instantané Swish, utilisée par plus de la moitié des Suédois.

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[Le cash continue à être utilisé en Suède mais l’application Swish est de plus en plus répandue. Crédit : Riksbank]

L’Allemagne et l’Autriche, accros aux espèces

À l’inverse, l’Allemagne reste le pays européen où la carte est la moins utilisée : elle ne représente que 19% des paiements scripturaux (seul le Luxembourg en Europe est en dessous à 5,3%). En revanche, c’est le pays où le prélèvement est le plus répandu (50,6% des transactions). La banque en ligne y est d’ailleurs très développée (14% de parts de marché et 18,2 millions de clients cumulés chez les leaders ING-DiBa, BKB et comdirect), beaucoup plus qu’en France.

Surtout, c’est un pays qui reste résolument attaché au cash : selon une étude de la Bundesbank, les Allemands réaliseraient plus de 80% de leurs transactions en espèces (contre 55% pour les Français), un record partagé avec les Autrichiens, ce qui représente plus de 50% de leurs paiements en valeur (contre 15% estimés en France, voire 5% seulement selon d’autres évaluations). Seule sa voisine autrichienne la battrait dans ce domaine (plus de 60% des paiements en valeur).

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[Part des transactions en espèces dans le total des paiements en volume (en bleu) et en valeur (en rouge). Source : Bundesbank]

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