Les paiements par carte préférables pour lutter contre la pandémie

Un garde de sécurité et un livreur Amazon à l'entrée d'un supermarché de Rome, le 19 mars 2020. [EPA-EFE/MAURIZIO BRAMBATTI]

Les autorités encouragent les paiements électroniques par mesure de sécurité afin de limiter les contacts sociaux et contenir la propagation du coronavirus.

L’ampleur de la crise sanitaire sur les sociétés et les économies européennes est sans précédent. Les hôpitaux sont débordés en Italie et en Espagne, les entreprises battent de l’aile avec les mesures de confinement, et nombre de travailleurs se font licencier. L’UE s’attend à une « grave récession économique », mais la Commission n’a pas encore estimé à quel point le PIB allait chuter.

Nombreux sont ceux qui pensent que l’onde de choc provoquée par la pandémie modifiera aussi notre façon de vivre et de travailler — une transformation qui vient s’ajouter au réchauffement de la planète et à la révolution numérique.

Le virus influe grandement sur l’évolution de l’une de nos actions les plus habituelles, les paiements.

Les autorités encouragent ce changement. Le vice-président aux services financiers de la Commission, Valdis Dombrovskis, a affirmé sur Twitter le 26 mars qu’« il [était] temps de remplacer la monnaie par des cartes bancaires, plus sûres pour contenir le coronavirus ».

Le vice-président a également soutenu l’initiative de l’Autorité bancaire européenne (ABE) de simplifier les paiements sans contact. Le régulateur bancaire européen préconise en effet ce type de paiement pour tout montant allant jusqu’à 50 €.

« Nous invitons tous les prestataires de services de paiement à relever les plafonds des paiements, comme le permet la législation européenne », a ajouté Valdis Dombrovskis.

Les pièces de monnaie et les billets n’ont pas accéléré la propagation du virus, comme l’avaient initialement rapporté certains médias. Mais cet argent peut, comme toute autre surface, être vecteur de virus ou de bactéries.

Au-delà de la contamination par l’objet en lui-même, les autorités recommandent les paiements électroniques pour limiter les interactions sociales rapprochées.

C’est notamment le cas des autorités belges. « L’argent cash n’est pas contaminé, mais payer de manière électronique vous permet de garder la distance sociale », est-il indiqué sur le site du gouvernement belge dédié au coronavirus.

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Dans certains pays plus affectés par la pandémie, un changement majeur s’est déjà opéré en la matière. En raison des mesures strictes de confinement, la vente en ligne a largement augmenté et, avec elle, le nombre de paiements électroniques.

L’Italie, l’État membre le plus gravement touché d’Europe, a enregistré une hausse du nombre de transactions en ligne de 81 % depuis la fin du mois de février, selon les calculs du cabinet de conseil McKinsey & Co.

Cette augmentation est remarquable dans un pays où sont largement préférés les paiements en argent comptant.

Selon les chiffres précédents, environ 86 % des paiements en Italie se faisaient en argent liquide, contre 13 % par carte et 1 % avec d’autres modes de paiement.

Ce pourcentage dépassait la moyenne européenne des paiements en cash, qui s’élevait à 79 % en 2019. D’après la Banque centrale européenne (BCE), l’argent liquide représentait alors 54 % de la valeur totale des transactions.

Les paiements électroniques font encore face à de nombreux obstacles dans les magasins physiques, mais aussi en ce qui concerne la cybercriminalité, la fraude et les problèmes de confidentialité.

Mais les institutions européennes pensent que la crise actuelle pourrait constituer une occasion favorable pour surmonter certains de ces défis.

« Les avantages que représentent le commerce en ligne et les transactions électroniques, du point de vue de leur facilité, leur efficacité et leur accessibilité, leur permettront de s’imposer davantage dans les années à venir ». « Leur popularité au sein des plus jeunes générations et le ferme soutien politique au niveau de l’UE à la transformation numérique aident aussi à ouvrir les perspectives », indique une ébauche de rapport rédigée en mars par le Service de recherche du Parlement européen (EPRS).

Il est encore difficile de déterminer à quoi l’avenir ressemblera après la pandémie, comment celle-ci transformera nos habitudes ou quels changements s’imposeront pour de bon. Mais le nombre de transactions en espèces risque sans aucun doute de continuer à baisser, dans un monde où les nouveaux modes de paiement en ligne (applications, portefeuilles électroniques…) modifient déjà profondément le fonctionnement de l’économie.

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