L’Europe doit se focaliser sur ses propres forces, ont déclaré
plusieurs responsables politiques de l’UE lors d’une conférence.
Par ailleurs, la Commission Barroso aura un travail important à
faire pour transmettre le « message de Lisbonne » aux citoyens
européens.
Lors d’une conférence organisée par Friends of
Europe et EURACTIV le 15 octobre 2004, plus de 60
personnalités éminentes issues des institutions européennes, du
secteur privé et du monde des ONG ont discuté des
options s’offrant à l’UE pour relancer l’agenda de
Lisbonne (voir également EURACTIV 15 octobre et 18
octobre 2004). Le but de cette conférence
consistait à formuler des recommendations à destination
de la Commission Barroso, notamment sur le
thème de la relance de la compétitivité
européenne.
Plusieurs messages-clés sont ressortis de la discussion. La
plupart des participants ont notamment insisté sur le
fait que les sempiternelles comparaisons entre les économies
européenne et américaine n’étaient finalement guère
utiles. « Etre compétitif ne signifie pas nécessairement être
identique [aux Etats-Unis] », a ainsi déclaré l’un des députés
européens présents.
« L’Europe est différente des Etats-Unis et du Japon », a
notamment déclaré un cadre de la Commission européenne, ajoutant :
« Bâtissons sur ce qui fait la spécificité du modèle
européen. Des contraintes apparentes, telles que par
exemple les normes environnementales et sociales
appliquées au niveau de l’UE, peuvent se transformer en
réelles opportunités. » L’ensemble des participants se sont
accordés à dire que l’Europe devait avant tout chercher des
solutions en son sein.
En la matière, les piliers environnemental et social du
processus de Lisbonne ne doivent pas être négligés. « L’idée selon
laquelle la compétitivité constitue une condition préalable au
développement durable est aujourd’hui dépassée », a ainsi déclaré un
responsable. « L’Europe doit saisir les opportunités qui se
présentent dans les domaines dont elle est un leader, tels que
l’efficacité énergétique. »
Les participants ont également souligné l’importance d’une bonne
implication de l’ensemble des parties prenantes et des
citoyens concernés par une politique donnée. « Nous
avons besoin d’une histoire, d’un récit politique,
permettant de faire le lien avec les expériences vécues par les
citoyens », a dit un responsable politique présent,
ajoutant : « Nous pourrons ainsi contribuer à ce que le
souhait de réforme émane de la société elle-même. »
La Commission peut jouer un rôle crucial role dans ce
processus. « Nous avons besoin d’un message, mais aussi d’un
messager », a déclaré un député européen. « La Commission ne peut
attendre que lui soit donnée la permission d’agir, elle
doit agir sans tarder. Le principal défi pour Barroso
sera de s’imposer à la fois comme leader et comme messager. » La
Commission doit également assurer la continuité des politiques
européennes sur le long terme, a ajouté un responsable
présent.
