La Chine assure ne pas limiter l’accès à son marché aux entreprises étrangères

Si certains responsables ont à plusieurs reprises affirmé être en faveur des investissements des entreprises étrangères en Chine, le pays a érigé des barrières dans une variété de secteurs.

Un rapport publié par un groupe européen accuse Pékin de favoriser les entreprises nationales au détriment des entreprises étrangères. La Chine se veut rassurante.

Si certains responsables ont à plusieurs reprises affirmé être en faveur des investissements des entreprises étrangères en Chine, le pays a érigé des barrières dans une variété de secteurs, de l’industrie automobile à la finance, tout en offrant des subventions à ses entreprises nationales. Un rapport publié le 7 mars par la chambre de commerce de l’UE en Chine critique d’ailleurs fermement le programme « Made in China 2025 » du gouvernement, lancé il y a deux ans pour soutenir l’industrie high-tech locale.

Et pourtant, la chambre de commerce européenne aurait « mal interprété » les intentions du gouvernement, si l’on en croit Miao Wei, ministre de l’Industrie et des Technologies de l’information, qui s’est exprimé en marge du rassemblement annuel des personnalités politiques les plus importantes du pays à Pékin.

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« L’intention à la base de cette politique était d’empêcher que certaines entreprises utilisent des failles dans les politiques du gouvernement pour bénéficier de subventions de l’État », a-t-il déclaré, ajoutant que « les investissements des entreprises locales et étrangères seront traités de la même manière ».

Miao Wei a rejeté l’accusation selon laquelle la Chine imposerait « une pression intense » aux entreprises étrangères pour que celles-ci transmettent leur savoir-faire technologique en échange d’un accès au marché. « Le gouvernement n’est pas en mesure d’obliger les entreprises nationales à révéler leurs secrets technologiques, comment voulez-vous qu’il contraigne les sociétés étrangères à le faire? », a questionné Miao Wei.

Ses commentaires ont été repris par l’agence de presse Xinhua, qui a précisé que les entreprises étrangères ont été pendant longtemps « très bien traitées », bénéficiant parfois de « privilèges dont rêveraient les sociétés nationales ». « Ce traitement spécial a peu à peu disparu, étant donné que les autorités laissent à présent le marché décider », a déclaré l’agence.

La Chine se place au 84e rang du classement 2016 de la Banque mondiale répertoriant les pays les plus accueillants pour les entreprises, derrière l’Arabie saoudite et l’Ukraine, et à l’avant-dernière position du rapport de l’OCDE sur la limitation des investissements étrangers.

Depuis l’arrivée du président Xi Jinping en 2012, le gouvernement s’est éloigné de la libéralisation dans plusieurs secteurs, renforçant les pouvoirs des entreprises d’État, multipliant les contrôles de mouvements de capitaux et accentuant les restrictions de la liberté d’échange d’informations et d’idées en ligne.

L’UE n’est pas la seule à être préoccupée: d’après un rapport publié en janvier par la chambre de commerce américaine en Chine, 80 % des 462 entreprises américaines interrogées à l’occasion d’un sondage ont affirmé ressentir que les entreprises étrangères étaient moins bienvenues en Chine que dans le passé.

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