Collaboration sur les taux de change entre la Chine et la zone euro [FR]

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Selon un déclaration officielle de la Banque centrale chinoise après une réunion avec les hauts fonctionnaires européens des finances, la Chine et les 13 pays de la zone euro vont prendre des mesures d’ensemble pour « prévenir les brusques mouvements des taux de changes » et contribuer à « une réduction ordonnée des déséquilibres mondiaux ».

La déclaration, publiée le 27 novembre, reste évasive sur le mode de coopération entre les deux parties, mais montre que Pékin reconnaît les préoccupations de l’UE concernant l’appréciation sans précédent de l’euro et l’augmentation croissante du déficit commercial de l’Union par rapport à l’économie asiatique en expansion.

Suite à une réunion entre le gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan, le directeur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre du Luxembourg et président de l’Eurogroupe, ainsi que Joaquín Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques, Qin Gang, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la Chine comprenait les préoccupations de l’Union européenne et allait renforcer le dialogue.

Le commissaire au Commerce Peter Mandelson et le président français Nicolas Sarkozy, de retour d’un voyage de trois jours à Pékin, ont appelé à d’importants changements dans l’approche de la Chine afin de contenir la surcapacité de l’économie. Tous deux ont poussé la Chine à permettre l’appréciation rapide de sa monnaie – le yuan ou RMB – afin d’endiguer le flot de produits bon marché qui envahissent les marchés européens.

Cependant, les espoirs se sont envolés lorsque le Premier ministre Wen Jiabao a déclaré que la Chine restait déterminée à progresser à son propre rythme vers un taux de change plus flexible.

Les Européens affirment que le yuan est intentionnellement sous-évalué de 20 à 25 %, ce qui donne à la Chine un avantage commercial inéquitable. Mais Pékin assure que la flexibilité du yuan a déjà considérablement augmenté depuis 2005, avec l’arrimage de la monnaie chinoise à un panier de devises.  

La flexibilité du yuan a été nettement améliorée, mais en raison de la dépréciation du dollar américain, le yuan a perdu de la valeur par rapport à l’euro, a déclaré le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Qin Gang.

Les réunions entre la Chine et l’UE se poursuivent aujourd’hui, 28 novembre, dans l’espoir de trouver des solutions aux nombreuses sources de frustration en l’Europe, notamment les barrières à l’accès au marché chinois auxquelles sont confrontées les entreprises européennes, le non-respect de droits de propriété intellectuelle et la faiblesse des normes de sécurité des produits.

Lors d’un discours le 27 novembre, M. Mandelson a averti la Chine qu’elle serait perdante si elle ne modifiait pas ses règles en matière de commerce et d’investissement. Les entreprises sont de plus en plus prudentes dans leurs investissements et leurs affaires en Chine, car le cadre réglementaire manque de transparence. Les plafonds aux investissements, le caractère imprévisible et les questions réglementaires font fuir les investissements, a-t-il souligné. 

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