Comment le passe sanitaire crée une pénurie d’agents de sécurité

Sur les quatre derniers mois, 15 000 offres d’emploi ont été publiées. [Andrey_Popov/Shutterstock]

Très sollicitées pour les contrôles des passes et tests PCR, les entreprises de sécurité ont du mal à répondre à la demande. En pénurie chronique, la profession cherche est à la recherche de 15 000 agents. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Les passes sanitaires et les tests PCR entrent dans les habitudes, mais il manque des yeux pour les contrôler. Depuis fin juillet, les entreprises et institutions concernées par ces précieux sésames ont recours au renfort d’agents de sécurité privée. « Nous avons dû doubler les effectifs dès fin juillet, indique Alexandre Lair, dirigeant du parc Festyland (Calvados). Nous n’avons pas eu de mal à trouver des agents, mais aujourd’hui ce serait plus compliqué. »

Les hôpitaux aussi s’adaptent comme le CHU de Rennes qui a dû faire appel à la sécurité privée pour compléter ses équipes d’accueil, notamment le week-end. « Nous n’avons pas trouvé tous les agents chez le même prestataire », détaille l’hôpital.

50 000 € par mois pour la surveillance de quatre portes

Le coût du service n’est pas négligeable. « Cela représente environ 50 000 € par mois pour la surveillance de quatre portes par huit agents, indique Mathias Burès, directeur du centre commercial Beaulieu, près de La Rochelle (Charente-Maritime). Ça nous a demandé beaucoup d’énergie, mais on a fini par trouver des candidats pour doubler l’équipe. »

En 2019, la sécurité privée employait 183 000 personnes et représentait 7,9 milliards d’euros selon l’Observatoire des métiers de la sécurité privée. Porteur, jusqu’à la pandémie de covid-19, le secteur a vu ses effectifs augmenter de 40 000 personnes en 10 ans. Dans le même temps, son chiffre d’affaires a grimpé de 52 %. Mais depuis 2020, de nombreux salariés se reconvertissent. « Nous sommes en pénurie structurelle : 15 à 20 000 postes sont à pourvoir, explique Cédric Paulin, secrétaire général du groupement des entreprises de sécurité. Un agent a besoin de 175 heures de formation pour être autorisé à travailler. Cela empêche les recrutements massifs. » Parmi les autres freins à l’embauche, les conditions de travail (nuit, week-end…) et le salaire : la moitié des agents sont payés autour du Smic.

« Si je trouve 10 agents je les recrute tout de suite »

Pour les 500 entreprises de sécurité de l’Ouest, la situation est même plus tendue qu’en Île-de-France. « En province, le nombre d’agents qualifiés est beaucoup moins important qu’en Île-de-France, il est plus difficile de recruter », précise Cédric Paulin. Un constat confirmé par Matthieu Schwarz, à la tête d’Ouest Sécurité aux Sables-d’Olonne. « Si je trouve dix agents disponibles, je les recrute tout de suite, assure le chef d’entreprise. Il n’y en a pas un en Vendée qui ne travaille pas. »

Sur le terrain, les dirigeants s’adaptent, mais doivent prioriser les demandes. « Notre activité est en hausse d’environ 30 %. Hier encore, nous avons dû préparer 14 agents pour une grande surface, indique Gwendal Michel responsable d’exploitation chez ACP Sécurité, basée à Bruz (Ille-et-Vilaine). En septembre nous prévoyons de passer de 50 à 230 employés pour répondre à la demande. »

Pour remédier au problème sur le long terme, Cédric Paulin mise sur la spécialisation des compétences des agents avec des cursus dédiés. Cette reconnaissance permettrait de revaloriser les salaires. En attendant, Pôle emploi indique que 287 formations sont prévues dès la rentrée. Sur les quatre derniers mois, 15 000 offres d’emploi ont été publiées.

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