La Commission garde la Grèce sous haute surveillance

Alexis Tsipras et Pierre Moscovici [EPA/YANNIS KOLESIDIS]

La Grèce va sortir le 20 août de huit ans de programme de sauvetage, mais restera sous surveillance étroite de la Commission européenne.

Le « cadre de surveillance renforcée » pour la Grèce est destiné à soutenir la mise en œuvre des réformes convenues à la suite de l’aboutissement du programme de soutien du mécanisme européen de stabilité (MES), a déclaré la Commission.

Il permettra à l’exécutif d’examiner les engagements pris par la Grèce en échange de nouveaux prêts dans le cadre du programme de sauvetage en cours, le troisième depuis 2010.

Cette décision fait suite à un accord historique conclu le 22 juin entre l’Eurogroupe et la Grèce, qui prévoyait un nouvel allègement de la dette d’Athènes et un contrôle strict de la mise en œuvre des réformes convenues dans les années à venir.

« Il est important que le pays poursuive des politiques budgétaires et macroéconomiques prudentes, et achève les réformes convenues. La surveillance renforcée est là pour aider la Grèce à instaurer la confiance avec les marchés, les investisseurs et les entreprises, qui veulent tous stabilité et prévisibilité », a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission.

La Grèce risque de rester longtemps sous surveillance

La Grèce est en train de sortir du programme de sauvetage, et bénéficiera probablement un allègement de sa dette. Ce qui ne l’empêchera pas de rester sous surveillance, et pour longtemps, selon Thomas Wieser, président sortant du groupe de travail Eurogroupe.

Alors que les partis d’opposition grecs ont cherché à dépeindre cette surveillance comme un programme de sauvetage de plus, le commissaire chargé des affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a répété que ce n’était pas le cas.

« La surveillance renforcée n’est pas un quatrième programme : elle n’implique pas de nouveaux engagements ou de nouvelles conditions. Il s’agit d’un cadre pour soutenir l’achèvement et la mise en œuvre des réformes en cours », a-t-il dit.

Dans le cadre du nouveau système, des responsables européens se rendront en Grèce quatre fois par an, au lieu d’une seule fois comme c’est le cas dans le programme actuel, pour surveiller la mise en œuvre et « identifier les risques à un stade précoce, ce qui permettra de prendre des mesures rapidement ».

Le président de l’Eurogroupe se montre optimiste sur l’avenir de la Grèce

La Grèce dispose d’un potentiel économique énorme et s’apprête à voler de ses propres ailes lorsque le plan de sauvetage de l’UE prendra fin en août, estime le président de l’Eurogroupe, Mário Centeno à l’agence de presse grecque ANA.

Réunis en juin, les ministres des Finances de la zone euro ont conclu un accord pour réduire la dette massive de la Grèce de 178 % de son PIB. La plupart des fonds prêtés à la Grèce provenaient des partenaires de la zone euro, soit par l’intermédiaire du mécanisme européen de stabilité, soit par l’intermédiaire de son prédécesseur, le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Dans le cadre de l’accord de juin, avant que le programme de sauvetage se termine, la Grèce recevra la dernière tranche de prêts d’une valeur de 15 milliards d’euros pour augmenter sa réserve de liquidités et assurer le service de sa dette.

Reste à savoir si la Grèce tentera d’exploiter les marchés financiers internationaux peu de temps après la fin du renflouement ou si elle laissera plus de temps pour rétablir la confiance des investisseurs.

Après huit ans, la crise de la dette grecque s’achève

Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus dans la nuit de jeudi à vendredi sur un vaste accord mettant fin à huit années de crise, d’austérité et de plans de sauvetage pour la Grèce.

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