La Commission rejoint Merkel sur ses propositions pour la zone euro

Angela Merkel et Jean-Claude Juncker [ EPA-EFE/DANIEL KOPATSCH]

Valdis Dombrovskis salue les propositions d’Angela Merkel pour renforcer la zone euro. Et souligne les similarités entre les idées de la Commission et de Berlin.

En marge d’une conférence le 4 juin, Valdis Dombrovskis s’est réjoui du fait que l’Allemagne ait défini sa position avant le sommet européen crucial de la fin du mois. « J’espère voir des progrès et des décisions concrètes lors du Conseil de juin », a-t-il déclaré.

Selon lui, en ce qui concerne les initiatives comme l’aide à l’investissement et à la réforme structurelle, Angela Merkel et la Commission « vont plus ou moins dans la même direction ».

Dans une interview avec le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung cette semaine, Angela Merkel a confirmé qu’elle était en faveur d’un « budget pour l’investissement pour la zone euro », doté d’une puissance de feu de plusieurs dizaines de milliards.

Elle a également dit apprécier l’idée d’allouer des fonds pour aider les États membres à mettre en place des réformes. La semaine dernière, la Commission a proposé de réserver 25 milliards d’euros pour soutenir les réformes dans les États membres et d’accorder 30 milliards de prêts à taux réduit pour soutenir l’investissement public dans des pays frappés par des chocs asymétriques.

Angela Merkel a aussi évoqué la possibilité de réviser la dette souveraine d’un pays ayant besoin d’aide. Une proposition controversée pour les dirigeants, surtout pour Emmanuel Macron.

L’UE propose des financements pour limiter le chômage

La Commission va mettre en place des prêts bonifiés accessibles aux Etats membres touchés par une hausse soudaine du chômage. Le mécanisme est jugé peu ambitieux par la gauche européenne.

Soutenabilité de la dette

Angela Merkel a déclaré qu’un Fonds monétaire européen doté de telles compétences devrait évaluer non seulement la situation économique des États membres, mais aussi la soutenabilité des dettes, et « avoir des instruments appropriés à sa dispositions pour les restructurer si besoin ». Valdis Dombrovskis n’a pas voulu commenté cette option.

L’idée de restructuration de la dette est controversée car elle pourrait faire faire fuir les investisseurs et créer des turbulences sur le marché, comme cela est arrivé la première fois que l’idée a été proposée par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en octobre 2010 lors du sommet bilatéral de Deauville.

Malgré l’engouement de Berlin pour cette idée, partagée par un groupe d’au moins huit États membres, la Commission s’est montrée plus prudente par le passé sur cette question.

Les commentaires d’Angela Merkel surviennent par ailleurs au moment où les investisseurs s’inquiètent de l’impact du nouveau gouvernement populiste italien sur la zone euro.

Pour Guntram Wolff, directeur du think tank Bruegel, les commentaires d’Angela Merkel représentent un « adoucissement » de la position allemande sur la question de la dette.

« Elle ne demande pas une restructuration de la dette, elle n’a pas la même opinion sur le sujet que celle de nombreux Allemands », soutient-il.

L’ancien ministre des Finances d’Angela Merkel, Wolfgang Schäuble, a publié une renégociation plus sévère des conditions de la dette, proposant un mécanisme automatique de restructuration de la dette souveraine afin de réduire les coûts futurs des renflouements et d’appliquer plus de discipline parmi les gouvernements dépensiers.

La proposition de son ministère était de prolonger automatiquement les échéances des obligations souveraines d’un pays en ayant recours à l’aide du mécanisme européen de stabilité. Il a également demandé que les obligations d’État perdent leur statut d’actifs sans risque.

La position de Wolfgang Schäuble a été reprise dans un document signé par les ministres des finances de huit États membres au début de l’année. Le groupe a déclaré que, dans le cadre d’une future Fonds monétaire européen, «  les modalités d’un cadre renforcé pour une restructuration ordonnée de la dette souveraine en cas de niveaux d’endettement insoutenables devraient être explorées ».

L’Autriche, qui avait traditionnellement sympathisé avec l’opposition de ce groupe à une plus grande mutualisation des risques, n’a pas signé le document, afin de maintenir son rôle de négociateur neutre pendant sa présidence tournante de l’UE, qui commence le 1er juillet.

Subscribe to our newsletters

Subscribe