La Commission propose un budget européen en hausse de 3 % pour 2019

Exécutif et le Parlement européen s’accordent sur le besoin d’une hausse des dépenses. Reste à convaincre ceux qui tiennent les cordons de la bourse : les Etats-membres.

Le texte adopté par le collège des commissaires comprend 166 milliards d’euros de fonds engagés et 149 millions d’euros de paiements, soit 3 % de plus que l’année précédente.

Le commissaire européen en charge du budget, Günther Oettinger, a présenté son projet de budget devant les eurodéputés. Le Parlement européen a soutenu la proposition, affirmant qu’il s’agissait d’un bon point de départ, car elle correspond aux priorités présentées en mars de cette année. Les eurodéputés ont particulièrement salué la volonté de la Commission de renforcer le soutien aux jeunes en Europe, tout en appelant à un « plus grand effort ».

« Les jeunes sont au cœur de notre proposition », a souligné le commissaire Oettinger devant la commission budget du Parlement européen. Le projet prévoit une augmentation de 10 % dans le budget d’Erasmus+ par rapport à 2018, ainsi qu’un montant supplémentaire de 233 millions d’euros pour l’Initiative pour l’emploi des jeunes.

Le Corps européen de solidarité, un projet lancé par la Commission Juncker en 2016, verra également son enveloppe budgétaire portée à 103 millions d’euros. Selon Günther Oettinger, il s’agit d’une base solide « permettant à des milliers de jeunes de prendre part à ce projet très important ».

La relance de l’économie européenne est l’un des principaux objectifs du budget 2019. Les fonds alloués à la relance de la croissance économique dans l’UE atteignent 80 milliards d’euros en engagements, dont 12,5 milliards d’euros pour Horizon 2020 (8,4 % de plus qu’en 2018) et un coup de pouce majeur pour le mécanisme Connecting Europe, dont l’enveloppe budgétaire augmente de 36,4 %.

Les États membres se braquent contre la hausse du budget de l’UE

La proposition d’augmenter modérément le budget européen a immédiatement été rejetée par une partie  États membres. Une position qui augure d’une rude bataille budgétaire à venir.

Plus de souplesse pour financer de nouveaux défis

La proposition de la Commission veut certes financer les programmes existants, mais aussi soutenir de nouvelles initiatives et à relever des défis inattendus, un projet qui a déjà été intégré dans le budget à long terme présenté par Günther Oettinger au début du mois de mai.

Alors que la politique de cohésion et la politique agricole resteront inchangées dans le budget de l’UE pour 2019, la Commission a proposé d’inclure plusieurs dispositions budgétaires liées à la sécurité, au contrôle des frontières et à la migration.

Il s’agit notamment de la réforme du régime d’asile européen commun, de l’aide d’urgence à la Grèce, de l’Agence européenne pour l’asile et du renforcement de l’agence Frontex aux frontières extérieures.

« Afin de relever les défis actuels que sont les migrations, l’afflux de réfugiés et les menaces pour la sécurité, ainsi que l’extension du programme d’appui aux réformes structurelles, il est nécessaire de mobiliser d’urgence des montants supplémentaires importants pour financer ces mesures », a déclaré la Commission.

Au total, 927,5 millions d’euros supplémentaires pourront potentiellement être débloqués à partir des instruments de flexibilité.

Le budget 2019 prévoit aussi des fonds pour de nouvelles initiatives. La création de l’Autorité européenne du travail nécessitera 11 millions d’euros, 245 millions d’euros seront dédiés à la mise en place du Programme européen de développement industriel pour la défense et 150 millions d’euros pour renforcer le mécanisme de protection civile afin de réagir aux catastrophes naturelles ou d’origine humaine en Europe.

Un montant supplémentaire de 5 millions d’euros est réservé au parquet européen, destiné à lutter contre la criminalité transfrontalière, et 40 millions d’euros pour prolonger le programme d’appui aux réformes structurelles.

Ce budget sera le dernier budget négocié par l’actuel Parlement européen et la Commission, avant les élections européennes de mai 2019.

Les deux institutions devraient être prêtes à discuter du budget à l’automne et parvenir à un accord en décembre de cette année. De manière inévitable, la négociation se déroulera en parallèle de la discussion sur le cadre financier pluriannuel 2021-27.

L’incertitude monte sur le budget européen à long terme

La présidence bulgare a admis que le prochain budget européen à long terme (2020-2027) pourrait ne pas être fixé avant les  élections européenne de 2019.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.