Coronavirus : « Il faudrait un système européen de chômage partiel »

Rudy de Leeuw

Entretien avec Rudy de Leeuw, représentant des syndicats au Comité économique et social européen (CESE) et ancien président de la Confédération européenne des syndicats (CES). Un article de notre partenaire Ouest-France.

Quelle est votre analyse de la situation actuelle de l’emploi en Europe ?

L’Europe compte désormais plus de 10 millions de travailleurs en situation précaire à cause de la crise du coronavirus. 300 000 chômeurs de plus ont été inscrits en Espagne et on parle de millions de chômeurs partiels en France. Le problème, c’est que le système de chômage partiel – aussi appliqué en Belgique, en Allemagne ou en Autriche, par exemple – n’existe pas partout. Le risque est donc de voir se multiplier les licenciements et le chômage définitif.

Il faudrait un système européen de chômage partiel, doté d’une d’assurance chômage exceptionnelle pilotée par l’Union européenne. Cette protection des travailleurs doit être généralisée au niveau européen. C’est essentiel pour sauver les emplois et assurer la relance.

La Commission européenne a proposé le mécanisme « SURE » pour accompagner les dispositifs de chômage partiel. Cela va dans votre sens…

C’est un bon début. Mais il s’agit d’accompagner les dispositifs financés par les États. Il faut désormais passer à un vrai système de réassurance au niveau européen. Je suis pour une sécurité sociale universelle : une couverture pour les salariés, mais aussi pour les travailleurs des plateformes ou les indépendants. Tous ces systèmes hérités du XIXe siècle ne sont pas adaptés au XXIe siècle et à ses crises. En outre, l’argent que la Commission propose de mettre sur la table n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin, sinon la crise durera dix ou quinze ans !

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