Une technologie de reconnaissance faciale reçoit le label d’excellence de la Commission

La Commission a décerné son « label d’excellence » à une technologie capable de reconnaître des visages en temps réel et d’analyser le comportement des foules, et qui sera utilisée en cas de nouvelle vague de COVID-19.

Le logiciel AWARE permettra aux autorités d’« identifier les citoyens, même quand ils portent des masques, et de surveiller la densité de la foule », indique la société espagnole Herta Security qui a développé cette technologie.

« La vérification automatique de la distanciation sociale et l’identification des personnes aux points de contrôle sans qu’ils doivent retirer leurs masques sont d’une importance capitale pour limiter la propagation du COVID-19 et constituent l’objectif principal d’Herta dans la lutte contre la pandémie », indique l’entreprise sur son site Web.

Cette labellisation fait suite à l’annonce de la Commission, en avril dernier, de soutenir les innovations qui permettent de lutter contre le COVID-19 en Europe au moyen de l’Accélérateur du Conseil européen de l’innovation (CEI), un instrument de financement.

L’exécutif avait alors déclaré que 150 millions d’euros seraient débloqués à cet effet et que les projets non retenus pourraient se voir attribuer des « labels d’excellence », afin d’être financés par d’autres sources. C’est notamment le cas de la technologie AWARE d’Herta Security.

La reconnaissance faciale fait peur

Cependant, le déploiement des technologies de reconnaissance faciale en Europe suscite depuis longtemps des inquiétudes.

En janvier de cette année, le comité européen de la protection des données a publié des recommandations sur l’utilisation de ce type de technologies, par crainte que certaines applications futures ne contreviennent au règlement général sur la protection des données (RGPD).

« L’utilisation de données biométriques, en particulier la reconnaissance faciale, pose des risques élevés pour les droits des personnes concernées », indique le document.

« Il est crucial que le recours à ces technologies se fasse dans le respect des principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de minimisation des données, tels qu’énoncés dans le RGPD ».

La Commission elle-même semble ne pas savoir sur quel pied danser à ce sujet.

Avant que le livre blanc sur l’intelligence artificielle ne soit officiellement rendu public en février, un document de travail qui a fuité dans la presse a révélé que la Commission envisageait de décréter un moratoire temporaire sur les technologies de reconnaissance faciale utilisées en Europe. Mais cette interdiction potentielle a ensuite été mise aux oubliettes.

Parallèlement, une étude publiée en début de semaine démontre que d’importantes divergences d’opinions opposent les citoyens européens en matière de partage des données et de sensibilisation aux risques d’atteinte à la vie privée. La reconnaissance faciale constitue entre autres l’un des domaines où les avis varient le plus d’un État membre à l’autre.

L’Agence européenne des droits fondamentaux, qui a rédigé le rapport, a interrogé 35 000 personnes au sein de l’UE, au Royaume-Uni et en Macédoine du Nord.

Alors que Chypre (65 %) et Malte (50 %) figurent parmi les pays les plus enclins à partager leurs photos avec les autorités publiques, d’autres États comme l’Allemagne, la Pologne et la Roumanie se montrent beaucoup plus réticents : seuls 9 % des personnes interrogées dans ces trois pays se disent satisfaites d’un tel scénario.

La publication de cette étude intervient quelques jours avant l’examen du RGPD par la Commission, qui doit être rendu public le 24 juin.

L’UE prépare une base de données biométriques pour les contrôles aux frontières Schengen

L’Union européenne prépare une vaste base de données qui compilera, à partir de 2022, les empreintes digitales et les portraits de plus de 400 millions de personnes, afin de contrôler les entrées dans l’espace Schengen et les sorties.

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