Cyberguerre : les capacités de la Russie ont été surestimées selon le vice-Premier ministre ukrainien

« Aucune véritable victoire russe dans les cyberattaques contre des entités critiques n’est à signaler depuis le début de la guerre », a déclaré M. Fedorov lors d’une conférence de presse à Paris (11 mai). [photowalking/Shutterstock]

Les capacités informatiques de la Russie ont été largement surestimées, selon Mykhailo Fedorov, vice-Premier ministre et ministre de la Transition numérique de l’Ukraine, qui a ouvert le 2022 Paris Cyber Summit mercredi (11 mai).

À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, l’Occident a craint une attaque hybride en ligne et hors ligne, or Moscou n’a pas réussi à obtenir de victoires significatives sur Internet.

« Aucune véritable victoire russe dans les cyberattaques contre des entités critiques n’est à signaler depuis le début de la guerre », a déclaré M. Fedorov lors d’une conférence de presse, ajoutant que la cyberstratégie de l’Ukraine consiste à protéger les entités critiques, dont la destruction serait désastreuse.

Dès les premiers jours de la guerre, il était clair que l’invasion de l’Ukraine par la Russie serait beaucoup plus complexe et longue que prévu. Mais dans la cybersphère également, l’Ukraine s’est montrée bien préparée et a su faire preuve d’une grande rapidité d’apprentissage.

« La différence entre eux et nous est que nous utilisons le cyberespace pour créer, la Russie l’utilise pour détruire », a déclaré M. Fedorov. Il a également souligné l’importance de la collaboration avec d’autres pays, ajoutant que l’Ukraine est très reconnaissante de ce soutien.

En Roumanie, par exemple, la société Bitdefender fournit gratuitement des conseils techniques, des renseignements sur les menaces et des technologies de cybersécurité aux personnes et aux organisations en Ukraine.

Un jour avant la cyberconférence, les ministres du Numérique du G7 se sont réunis à Düsseldorf pour discuter de l’avenir de la numérisation, avec pour thème principal la cybersécurité.

Ils ont souligné dans un communiqué de presse qu’ils continueraient à soutenir l’Ukraine dans la défense de ses réseaux contre les cyberincidents. M. Fedorov a également été invité à participer aux réunions du G7 à Düsseldorf, l’Ukraine étant au cœur des discussions.

Bien sûr, cela ne signifie pas que l’Ukraine n’a pas été ciblée sans arrêt par des opérations russes, y compris de nombreuses années avant la guerre.

L’Institut CyberPeace a élaboré une chronologie depuis le 24 février, décrivant les nombreuses cyberattaques signalées contre des institutions et organisations ukrainiennes, y compris des ONG humanitaires et des citoyens.

Utiliser la cybersphère pour aider les citoyens

Outre la défense de l’Ukraine contre les cyberattaques, M. Fedorov a également expliqué comment ils utilisent différents outils numériques pour aider les citoyens pendant la guerre.

« Chaque semaine, nous voulons offrir un nouveau service à nos citoyens », a déclaré M. Fedorov.

Le gouvernement peut aider ses citoyens rapidement via l’application Diia, qui permet aux Ukrainiens d’utiliser des documents numériques sur leurs smartphones à des fins d’identification et de partage, comme par exemple l’envoi de paiements en ligne aux personnes dont les maisons ont été bombardées. Selon M. Fedorov, environ 17 millions de personnes utilisent actuellement cette application.

Des chatbots, logiciels informatiques simulant des conversations humaines, sont également utilisés pour partager des renseignements sur la localisation des troupes russes.

Collaborations

Il existe également plusieurs systèmes et modes de soutien internationaux dont le vice-Premier ministre a préféré ne pas parler, car cela pourrait être « contre-productif » pour la défense de l’Ukraine en cette période délicate.

Toutefois, il y aura de nombreuses occasions, après la guerre, pour parler de ce qui a été appris et partagé et de ce qui peut être amélioré pour renforcer la cyberdéfense du pays, selon M. Fedorov

Il a également souligné l’importance des interactions et des collaborations avec les grandes entreprises technologiques, notamment Google et Apple.

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