En République tchèque, des garderies pour réduire l’inégalité salariale

Garderie tchèque. [Aktuálně.cz]

Comment gérer une carrière tout en élevant des enfants ? En République tchèque, les garderies cofinancées par l’UE pourraient faire partie de la solution. Un article de notre partenaire, Aktuálně.cz.

Pour nombre de femmes européennes, la maternité implique de s’éloigner de leur carrière. Même lorsqu’elles reprennent le travail, elles ne gagnent pas autant que les hommes. Le salaire moyen des femmes tchèques est ainsi 400 euros moins élevé que celui des hommes.

Avec l’Estonie, la République tchèque est l’un des deux plus mauvais élèves d’Europe en matière d’égalité salariale entre hommes et femmes. Selon le bureau de statistique officiel tchèque, c’est au retour du congé de maternité que l’écart est le plus élevé.

L’UE soutient donc les mères sur le marché du travail, notamment en finançant des garderies. Celles-ci sont non seulement gratuites, mais aussi ouvertes à des horaires flexibles. L’an dernier, la Commission a également proposé une directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, afin d’élargir les droits des parents qui travaillent.

« Concrètement, la directive introduirait des périodes minimales de congés de paternité autour de la naissance d’un enfant, de donner à chaque parent des congés parentaux non transférables et d’améliorer la flexibilité du travail », explique David Casa (PPE) rapporteur sur cette directive.

Le projet législatif inclut notamment un congé paternel minimum de dix jours au moment de la naissance, compensé au moins au même niveau qu’un congé maladie.

Les deux parents pourraient aussi prendre quatre mois de congé parental payé entre la naissance et les 12 ans de l’enfant. Ces droits ne seraient pas transférables d’un parent à l’autre. La Commission espère que cette mesure motivera les pères à bénéficier de ce congé. Dans l’ensemble, ce sont en effet surtout les femmes qui utilisent la plupart des congés parentaux.

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En ce qui concerne l’organisation flexible du travail mentionné par David Casa, il s’agit d’une mesure que les parents peuvent demander, mais que l’employeur ne serait pas obligé d’accepter.

La directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est à présent entre les mains des eurodéputés de la commission de l’emploi et des affaires sociales (EMPL). Après leurs modifications, la proposition sera soumise à un vote en séance plénière, puis devra être approuvée par les États membres.

La proposition ne manque cependant pas de détracteurs. Selon l’association professionnelle européenne des hôtels, restaurants et cafés (HOTREC), la plus grande flexibilité introduite par la directive pourrait aggraver les pénuries de compétences dans leur secteur.

BusinessEurope, un groupe de pression représentant les entreprises, a un avis similaire et assure que le principal impact de la « proposition législative de la Commission européenne sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée sera d’encourager un plus grand nombre de parents, hommes et femmes, à ne pas travailler ».

Garderie

La directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée n’est pas le seul instrument avec lequel l’UE pourrait aider les mères à réintégrer le marché du travail. En République tchèque il existe ainsi des clubs d’enfants financés par l’UE.

« L’objectif de notre projet est de résoudre le déséquilibre entre la vie familiale et la carrière des parents », indique Renata Rejchová, qui a participé à la fondation de la garderie Studnice.

Elle avait le même problème que la plupart des mères : qui s’occupera de ses enfants si elle veut travailler, mais que les clubs scolaires ou les jardins d’enfants ont des heures d’ouverture limitées?

Sa solution a donc été de créer une garderie qui répondrait aux besoins des parents qui travaillent. Autre condition : un service gratuit, car beaucoup de parents n’ont pas les moyens de payer. Elle a donc décidé de solliciter des aides européennes.

« Aujourd’hui, la garderie peut accueillir 25 enfants, et elle est tout le temps pleine », indique-t-elle.

La garderie Studnice, située à Plzeň, est dédiée aux enfants de l’école primaire, mais il en existe aussi pour les enfants plus jeunes, et ils sont de plus en plus populaires. L’année dernière, il y a eu plus de 400 inscriptions, selon le ministère du Travail.

« Les garderies préscolaires sont un service alternatif de garde d’enfants de plus en plus populaire. Ils sont fréquentés par des enfants depuis leur première année d’âge », a déclaré le ministère du Travail.

Celles-là sont également financées par des fonds européens. Et le nombre de dossiers de financement augmente, ce qui prouve le succès de ce modèle, assure Petr Navařík, expert des fonds européens pour la société de conseil Erste Grantika Advisory.

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