D’Airbus à Ryanair, les coupes sombres se poursuivent dans le secteur aérien

[EPA-EFE/GUILLAUME HORCAJUELO]

La pandémie de coronavirus a mis à genoux l’ensemble de l’industrie aéronautique, mettant en danger des dizaines de milliers d’emplois. Le géant Airbus a annoncé 15 000 suppressions de postes et les réductions d’effectifs se poursuivent au sein des compagnies aériennes. Un article d’Euractiv Italie.

En 2021, Airbus supprimera 15 000 emplois, estimant que l’avenir de la compagnie est menacé en raison de l’immobilisation des avions durant le confinement. Le groupe européen a résolu d’adopter « une série de mesures visant à adapter les effectifs dans le monde entier et à redimensionner les activités dans l’aviation commerciale en réponse à la crise provoquée par le Covid-19 ».

Airbus veut agir rapidement pour contrer les dommages causés par la pandémie. L’entreprise a vu ses opérations liées aux avions se contracter de 40 %, entraînant une perte estimée à 55 milliards d’euros. Le groupe envisage de réduire les effectifs mais aussi d’accepter les subventions offertes par les gouvernements européens.

Négociations difficiles

L’avionneur européen devra cependant faire face à des négociations difficiles avec les gouvernements, ainsi qu’avec les syndicats, qui s’opposent aux suppressions annoncées. « La bataille pour sauver des emplois sera dure », a déclaré Françoise Vallin, du syndicat CFE-CGC.

Le spectre des annulations ou reports de commandes plane sur Boeing et Airbus

La crise économique provoquée par le coronavirus menace aussi l’industrie aéronautique. Alors que la production d’avions commerciaux de Boeing est quasiment à l’arrêt, Airbus envisage de réduire la sienne. Un article de notre partenaire, la Tribune.

Le géant aéronautique européen a déclaré qu’il supprimerait, d’ici à la mi-2021, 5 000 emplois en France, 5 100 en Allemagne, 900 en Espagne, 1 700 au Royaume-Uni et 1 300 ailleurs dans le monde. Soit un total de 14 000 emplois.

À cela s’ajoutent 900 autres suppressions d’emplois prévues avant la crise dans son unité Premium Aerotec en Allemagne.

Le 3 juin, l’agence de presse Reuters avait prévu que 14 000 emplois à temps plein seraient supprimés. Mardi 30 juin, des sources syndicales françaises ont dénombré un total de 15 000 postes en moins.

Le personnel au sol en première ligne

La compagnie aérienne française Air France pourrait supprimer plus de 7 500 postes d’ici à 2022, dont 6 560 au sein de la maison mère et plus de 1 000 dans sa filiale Hop !. « Les besoins ont considérablement diminué sur l’ensemble de la période en raison de la baisse d’activité et de la nécessité d’accélérer la transformation de l’entreprise », explique la direction dans un document que l’AFP a pu consulter.

Le personnel au sol devrait être le plus touché, car la compagnie entend abandonner ses lignes intérieures déficitaires. Selon plusieurs sources, les sites Hop ! de Morlaix et de Lille risquent la fermeture, tout comme la base d’Air France à Toulouse.

Les compagnies aériennes s’opposent aux mesures de distanciation sociale

Les mesures de distanciation sociale ne fonctionneront pas à bord des avions, affirment les compagnies aériennes d’Europe, alors que l’industrie aéronautique et les gouvernements envisagent la reprise des vols. Mais dans d’autres pays, les transporteurs sont ouverts aux nouvelles dispositions.

La compagnie low cost Ryanair a également menacé de supprimer 3 500 emplois si les réductions de salaires proposées n’étaient pas acceptées. C’est le propriétaire de la compagnie aérienne irlandaise, Michale O’Leary, qui l’a annoncé : les salaires seront réduits de 50 % jusqu’à la fin du mois de mars de l’année prochaine. D’après lui, le paquet de mesures, qui comprend des congés sans solde pour le personnel, représente le « minimum pour survivre lors des 12 prochains mois ».

L’entreprise a déclaré qu’elle était en train de réduire de 15 % ses effectifs constitués de 20 000 salariés, car elle ne s’attendait pas à ce que le nombre de passagers ou les prix retrouvent leur niveau d’avant la pandémie avant l’été 2022. Dans le cadre de son programme de réduction des coûts, Ryanair pourrait également fermer provisoirement certaines de ses bases en Europe.

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