Défense des hybrides, plan d’investissement : le gouvernement à l’écoute de la filière automobile

Emmanuel Macron a réuni lundi les constructeurs comme Renault, Stellantis (Peugeot-Fiat) et Toyota, les équipementiers, les partenaires sociaux ainsi que des représentants des filières. [LUDOVIC MARIN / POOL/EPA]

La France va continuer à promouvoir les hybrides rechargeables face à la proposition européenne d’interdiction des moteurs thermiques, et prépare un nouveau plan d’investissements pour la filière.

Un an après la mise en oeuvre, en mai 2020, d’un plan de relance automobile doté de huit milliards d’euros, Emmanuel Macron a réuni lundi les constructeurs comme Renault, Stellantis (Peugeot-Fiat) et Toyota, les équipementiers, les partenaires sociaux ainsi que des représentants des filières.

Le secteur s’apprête en effet à vivre une révolution : mercredi, la Commission européenne doit proposer de nouvelles réglementations pour réduire à zéro les émissions de CO2 des véhicules neufs, afin d’accélérer la lutte contre le changement climatique.

Selon plusieurs sources, elle envisage la suppression complète des émissions automobiles à partir de 2035. Les véhicules électriques deviendraient de facto les seuls autorisés sur le marché du neuf.

La France ne s’y oppose pas, mais veut garder les hybrides rechargeables sur la table. Même s’ils émettent des gaz toxiques, ils représentent « une bonne solution de transition », a indiqué l’Elysée.

« On n’a pas acté la fin du moteur thermique en 2035, ça fermerait la porte à l’hybride également », a souligné la présidence française.

Pour 2030, le gouvernement français et la filière militent pour « un objectif réaliste », « autour de 55% de baisse des émissions maximum », soit moins que ce que devrait proposer la Commission européenne.

Le chef de l’Etat a multiplié les gestes en direction de ce secteur industriel hautement symbolique et pourvoyeur de près de 200.000 emplois industriels en France. Fin juin, entouré de trois ministres, il a visité le futur pôle « ElectriCity » de Renault dans les Hauts-de-France, qui va bientôt accueillir la deuxième usine de batteries de l’Hexagone.

La réunion de lundi était le « coup d’envoi de la mobilisation de l’équipe France pour faire face à une transition très forte » et « qui s’accélère », a expliqué l’Elysée.

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Déclin ou sursaut ? 

Le gouvernement prépare pour la fin de l’été un plan d’investissements pour soutenir la transition du marché automobile. Le sujet des subventions à l’achat des véhicules devrait être abordé, a précisé l’Elysée.

Une « cartographie détaillée de l’impact de cette transition et des moyens de l’Etat qui peuvent être mis en place », filière par filière, doit également être présentée au Premier ministre.

La Plateforme automobile (PFA), qui représente la filière, estime à 17 milliards d’euros les investissements à localiser en France dans les cinq ans « sur les technologies clés de l’automobile du XXIe siècle », comme les bornes de recharge, l’hydrogène ou les composants électroniques. La PFA évalue le besoin de soutien public à 30%.

« Nous faisons très clairement face au risque d’un scénario du déclin qui ferait sortir la France des grands pays de l’industrie automobile. Nous pouvons aussi en faire une opportunité de sursaut en exigeant une nouvelle ambition industrielle », a déclaré à l’AFP Luc Chatel, le président de la PFA.

100.000 emplois seraient menacés dans la filière française d’ici 2035, selon un rapport de l’Observatoire de la métallurgie.

« Pour être juste, la transition énergétique ne doit pas se conduire au détriment de l’emploi », a souligné le syndicat FO Métaux dans un communiqué. « Un effort gigantesque doit être mis en oeuvre sur la formation afin d’offrir à chaque salarié une opportunité dans les futurs métiers ».

Plusieurs groupes automobiles ont déjà annoncé le retrait progressif des moteurs à combustion de leurs gammes, à l’image de Volkswagen, Volvo (2030) ou Jaguar (2025).

« Nous devons y aller, mais faisons-le à une cadence qui ne nous mette pas en risque de dépendance », notamment vis-à-vis d’une industrie automobile chinoise en pleine explosion, a souligné à l’AFP Claude Cham, de la Fédération des équipementiers. « Ça implique qu’entre maintenant et 2035, on n’accélère pas le rythme ».

Le marché européen, lui, s’électrifie à grande vitesse : sa faible reprise en temps de crise sanitaire profite surtout aux véhicules hybrides et électriques, qui représentaient près d’un tiers des ventes européennes au premier trimestre.

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