Des associations vent debout contre le projet de Facebook d’un Instagram pour les moins de 13 ans

Pour l’heure, les conditions d’utilisations d’Instagram requièrent d’avoir au moins 13 ans – Facebook a indiqué également à EURACTIV France plancher sur « de nouvelles méthodes de vérification de l’âge ». [Shutterstock/Ink Drop]

Le projet de développer une application similaire à Instagram, produit phare du géant Facebook, pour les moins des 13 ans est dans le viseur de plusieurs associations qui ont interpellé Mark Zuckerberg pour lui demander d’y mettre fin au nom de la protection des enfants.

Cette lettre ouverte adressée au fondateur de Facebook, et signée par plus d’une trentaine d’associations de consommateurs et de protection de l’enfance, intervient alors que Buzzfeed révélait dimanche (18 mars) un échange interne dans lequel Vishal Shah, vice-président d’Instagram, a annoncé travailler à la « construction d’une version d’Instagram permettant aux personnes de moins de 13 ans d’utiliser Instagram en toute sécurité pour la première fois ».

Si les organisations signataires sont d’accord « sur le fait que la version actuelle d’Instagram n’est pas sûre pour les enfants de moins de 13 ans », lancer une nouvelle version de l’application à destination d’un public très jeune « n’est pas le bon remède et mettrait les jeunes utilisateurs en danger ».

« Les enfants sont déjà en ligne et veulent se connecter avec leur famille et leurs amis, s’amuser et apprendre. Nous voulons les aider à le faire d’une manière sûre et adaptée à leur âge, et trouver des solutions pratiques au problème permanent de l’industrie des enfants qui mentent sur leur âge pour accéder aux applications », se défend un porte-parole de Facebook, sollicité par EURACTIV France.

La fuite des données de 533 millions d'utilisateurs a eu lieu avant le RGPD, se défend Facebook

Au cours du week-end (3-4 avril), les données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook sont apparues sur un forum de piratage en ligne, notamment des numéros de téléphone, des identifiants Facebook, des informations biographiques et des lieux.

Si le réseau social n’a pas souhaité commenter sur les dates d’un éventuel lancement, il s’est voulu rassurant. « Nous convenons que toute expérience que nous développons doit donner la priorité à la sécurité et à la confidentialité, et nous consulterons des experts en développement de l’enfant, en sécurité des enfants et en santé mentale, ainsi que des défenseurs de la vie privée pour l’informer », précise Facebook, ajoutant qu’aucune publicité ne sera intégrée dans cette nouvelle « expérience » destinée aux plus jeunes.

Les organisations s’appuient notamment sur plusieurs études qui « démontre[nt] que l’utilisation excessive des appareils numériques et des médias sociaux est liée à un certain nombre de risques pour les enfants et les adolescents, notamment l’obésité, un bien-être psychologique moindre, un risque accru de dépression et une augmentation des résultats liés au suicide », note Campaign for a Commercial-Free Childhood, l’association à l’origine de la coalition – sans compter qu’ « il est peu probable que les enfants âgés de 10 à 12 ans qui possèdent déjà un compte Instagram migrent vers une version ‘bébé’ de la plateforme après avoir expérimenté » la version original d’Instagram, peut-on lire dans la lettre.

« Facebook retourne à ses anciennes combines, en proposant un autre produit conçu pour rendre les enfants accros au moment où ils sont le plus vulnérables », a également déclaré James Steyer, fondateur de Common Sense, une autre organisation signataire, dans le communiqué de presse.

Pour l’heure, les conditions d’utilisations d’Instagram requièrent d’avoir au moins 13 ans – Facebook a indiqué également à EURACTIV France plancher sur « de nouvelles méthodes de vérification de l’âge ».

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