Le pire est-il à venir pour Huawei ?

[EPA-EFE/FAZRY ISMAIL]

Les États-Unis ont levé les restrictions commerciales avec Huawei jusqu’au 19 août. La fin du répit approche pour le géant chinois qui « se prépare au pire, mais espère le meilleur ».

Le 19 août arrive à grands pas pour le géant chinois de télécommunication, Huawei. C’est à cette date que le sursis conditionnel accordé par Washington prendra fin. La société est entre-temps parvenue à protéger sa marge bénéficiaire au beau milieu d’une campagne américaine incessante perçue comme une volonté d’entraver le développement technologique du géant asiatique.

Bannir Huawei coûterait 55 milliards d'euros aux opérateurs européens

Le géant chinois des télécoms est accusé d’espionnage par Washington, qui appelle l’UE à le bannir. Cela coûterait cependant très cher.

« Le chiffre d’affaires du premier semestre de 2019 est en hausse de 23 % à 401 milliards de yuans (52 milliards d’euros), avec une marge bénéficiaire nette de 8,7 % », a annoncé Liang Hua, président de Huawei, ce mardi 30 juillet à Shenzhen.

« Au vu de la situation, on pourrait croire que nous vivons un véritable enfer. C’est toutefois loin d’être le cas », a affirmé Liang Hua. « Nous travaillons d’arrache-pied pour que les opérations se passent en douceur et notre organisation demeure toujours aussi solide ».

Liang Hua a cependant ajouté qu’avoir été placé sur la liste rouge des États-Unis avait eu un impact sur le marché des smartphones en dehors de la Chine.

Selon lui, sa société est parvenue à combler environ 80 % des pertes enregistrées grâce au sursis conditionnel accordé par Washington jusqu’au 19 août, permettant de continuer à vendre des matériaux américains à Huawei.

La fin du délai est donc proche et Liang Hua a déclaré que la société faisait son possible pour minimiser les risques encourus au niveau de la chaîne d’approvisionnement en cas de nouvelle interdiction.

En outre, la planification de la continuité d’exploitation est assurée, car Huawei stocke des composants spécifiques, notamment des pièces mécaniques essentielles aux biens de consommation, qui pourraient être affectés pour de nouvelles restrictions commerciales américaines.

Un représentant a confirmé ces démarches, ajoutant par ailleurs que la société ne voulait pas être un pion dans les futurs accords possibles avec les États-Unis.

Le vice-président de la société pour l’Europe, Abraham Liu, a affirmé que Huawei avait embauché quelque 6 000 personnes supplémentaires pour « combler les trous de la chaîne d’approvisionnement » survenus à la suite des restrictions commerciales. À ses yeux, de grands progrès ont été accomplis.

Dans l’affrontement en cours entre Huawei et le gouvernement américain, Catherine Chen, vice-présidente de conseil d’administration de la société, a rédigé une attaque cinglante contre Robert Strayer, sous-secrétaire adjoint au département d’État américain, pour son implication dans la campagne américaine visant à entraver la société.

À ses yeux, Robert Strayer n’est pas en phase avec la réalité et sa compréhension des technologies est surannée.

Le gouvernement américain n’a pas encore réagi aux attaques de Catherine Chen.

Entre-temps, en Europe, l’influence de Huawei sur le marché de la 5G perdure.

L’OTAN s'interroge sur les risques de la 5G de Huawei

L’OTAN a conscience des potentiels « risques pour la sécurité » de l’infrastructure 5G du géant chinois. Le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, assure que son organisation est en train d’évaluer la situation.

Récemment, lors d’une table ronde au sujet des médias à Bruxelles, Catherine Chen a révélé que la société avait conclu une majorité des contrats 5G avec des entrepreneurs européens. Huawei a en effet signé 50 contrats dans le monde, dont 28 avec des opérateurs européens.

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