Dijsselbloem se défend face au Parlement

Le mandat du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s'achèvera en janvier, mais après ses commentaires déplacés et sa défaite électorale aux Pays-Bas, les eurodéputés souhaitent qu'il donne sa démission dès maintenant. [EU2016NL/ Flickr]

Le président de l’Eurogroupe a fait l’objet de vives critiques au Parlement européen, en raison de son rôle dans le programme de sauvetage grec et de ses commentaires sur les États membres du sud.

Lors de la session plénière du Parlement européen, Jeroen Dijsselbloem a une nouvelle fois tenté de défendre une légitimité en berne face aux élus européens.

Nombre d’eurodéputés ont demandé au ministre néerlandais qu’il démissionne. En effet, le Parti travailliste de Jeroen Dijsselbloem a subi une écrasante défaite aux élections néerlandaises de mars dernier.

Mais ce sont surtout ses récents propos sur les pays tels que la Grèce qui ont durablement scandalisé.  L’homme politique néerlandais avait affirmé  dans la presse qu’il considérait « la solidarité comme une valeur très importante. Mais quiconque demande de l’aide a aussi des obligations à respecter. Je ne peux pas dépenser tout mon argent en alcool ou en femmes puis appeler à l’aide. »

Le président de la commission affaires économiques et monétaires, Roberto Gualtieri, a été l’un des rares membres a accepté ses excuses et à se concentrer sur la situation du programme grec, le sujet du débat. « Je suis ravi que vous reconnaissiez que vos propos étaient inappropriés », a-t-il dit à Jeroen Dijsselbloem, également membre de la famille socialiste.

Le Parlement européen vent debout contre Dijsselbloem

En annonçant qu’il ne participerait pas à un débat sur la Grèce à Strasbourg, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a provoqué l’ire des élus, déjà échaudés par ses propos sur les pays du Sud.

Cependant, la plupart des eurodéputés s’en sont pris à lui pour ses remarques qui « vous suivront pendant longtemps », a martelé l’un d’entre eux. Plusieurs législateurs lui ont en effet rappelé que les pays soumis à des plans de sauvetage financier comme la Grèce ne dépensaient pas leur argent en alcool et en femmes mais le consacraient aux mesures imposées par la troïka.

« Double discours »

Jeroenn Dijsselbloem a également été accusé d’alimenter les forces populistes à travers l’Europe. Le socialiste allemand Udo Bullmann a indiqué que son « double discours » au sein de l’Eurogroupe était en partie responsable de la perte de confiance des citoyens dans les institutions européennes et de la montée de l’euroscepticisme.

Jeroen Dijsselbloem a affirmé accepter « totalement » les plaintes des nombreux membres du Parlement. Il a admis que le choix de ses mots était « malheureux ». « Je le regrette », a-t-il ajouté.

Il a cependant souligné que le « débat sous-jacent » restait « valide », à savoir que tous les États membres devraient prendre leurs responsabilités en vertu des règles et du cadre commun et avancer ensemble. « C’est l’héritage que j’aimerais laisser », a-t-il déclaré.

En réaction aux nombreuses critiques, il s’est défendu en faisant remarquer que la zone euro se portait mieux qu’au début de son mandat, quand il a repris les rênes de l’Eurogroupe après le départ de l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les pays du sud réclament la démission de Dijsselbloem

Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l’Eurogroupe, est au centre d’une controverse déclenchée par des propos jugés racistes et machistes et dont il refuse de s’excuser.

Drame grec

Jeroen Dijsselbloem a également été interpelé sur son incapacité à conclure la deuxième révision du programme d’aide financière à la Grèce.

Athènes, ses partenaires européens et le FMI ne parviennent pas à se mettre d’accord sur des coupes supplémentaires pour les pensions de retraites, les augmentation d’impôts et les réformes du travail nécessaires à assurer la durabilité de l’économie grecque après la fin du programme, l’année prochaine. D’après les eurodéputés, ce programme n’a fait qu’appauvrir encore un peu plus les citoyens grecs.

Jeroen Dijsselbloem a cependant souligné les progrès réalisés depuis la demande d’aide de la Grèce en 2010. Le pays a notamment enregistré un excédent primaire (avant service de la dette) de 4,2 % du PIB l’année dernière.

Le Grèce enregistre un excédent primaire étonnement élevé en 2016

En 2016, la Grèce a enregistré un excédent primaire de 3,9 % du PIB, a indiqué son agence de statistiques, Elstat. Une nouvelle fondamentale pour les négociations de réformes à venir entre Athènes et ses créditeurs.

Pour trouver du soutien parmi ses opposants, il a indiqué que l’objectif exigeant de 3,5 % du PIB d’excédent primaire imposé à la Grèce pour 10 ans devrait être réduit. Il s’est également montré confiant quant à la possibilité d’achever la deuxième révision d’ici la fin du mois de mai.

Fonds monétaire européen

Jeroen Dijsselbloem a de nouveau défendu l’idée d’étendre les pouvoirs du Mécanisme européen de stabilité pour créer un Fonds monétaire européen.

Si un tel fonds était mis en place, les partenaires européens ne dépendraient plus de l’expertise du FMI pour gérer les programmes de sauvetage financier.

L’institution américaine a été invitée à prendre part au programme d’aide financière pour la Grèce. Elle a depuis lors participé aux plans de sauvetage européens.

Or, les divergences entre le FMI et les partenaires européens sur la durabilité de l’économie grecque et une décote de la dette grecque ont compliqué la conclusion du troisième programme grec de 86 milliards d’euros.

Le Parlement et le commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici, soutiennent également l’idée de la création d’un Fonds monétaire européen. Mais contrairement à certaines rumeurs lancées à Berlin, et aux précédentes remarques de Jeroen Dijsselbloem lui-même, le ministre néerlandais a indiqué devant la session plénière que ce nouvel organisme ne deviendrait pas le gardien des règles budgétaires européennes. « La Commission resterait la gardienne des traités », a-t-il précisé.

Dijsselbloem quittera-t-il la présidence de l'Eurogroupe?

Le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, s’apprête à avoir une discussion avec ses collègues de la zone euro à propos de son mandat de président de l’Eurogroupe, au lendemain de la défaite électorale de son parti aux Pays-Bas.

 

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