Dijsselbloem président de l’Eurogroupe jusqu’en janvier

Le prolongement du mandat de Jeroen Dijsselbloem permet à l'UE de repenser ses postes économiques. [European Council]

Le ministre néerlandais des Finances, continuera à présider l’Eurogroupe jusqu’à la fin de son mandat, en janvier, malgré une débâcle électorale aux Pays-Bas.

À la veille de la rencontre informelle de l’Eurogroupe à Tallinn, en Estonie, le 15 septembre, les rumeurs allaient bon train : Jeroen Dijsselbloem allait-il annoncer qu’il quitterait son poste de président du groupe après une défaite électorale cuisante aux Pays-Bas ? Non, ont assuré plusieurs représentants du groupe à Euractiv.

Son porte-parole a également fait remarquer qu’aucune annonce particulière ne figurait au programme de la réunion de Tallinn. « Il a déjà indiqué qu’il aimerait rester jusqu’à la fin de son mandat », a-t-il ajouté.

Dijsselbloem quittera-t-il la présidence de l'Eurogroupe?

Le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, s’apprête à avoir une discussion avec ses collègues de la zone euro à propos de son mandat de président de l’Eurogroupe, au lendemain de la défaite électorale de son parti aux Pays-Bas.

Le Néerlandais présidera donc les réunions prévues en octobre, novembre et décembre, même si il est remplacé en tant que ministre des Finances entre temps, ont indiqué des fonctionnaires européens. Ceux-ci précisent que cette décision a été discutée entre quelques pays influents, qui ont décidé qu’il s’agissait de la meilleure manière d’aller de l’avant.

Le président de l’Eurogroupe est habituellement choisi parmi les ministres des Finances présents, et le choix de garder Jeroen Dijsselbloem à son poste est donc étonnant. Son salaire devrait être payé par le fonds européen de sauvetage, le mécanisme européen de stabilité.

Les négociations de coalition néerlandaises traînent depuis les élections de mars dernier, mais un nouveau gouvernement devrait être formé d’ici mi-octobre. Les élections ont été douloureuses pour le Parti travailliste, dont est issu le ministre des Finances et président de l’Eurogroupe.

Dijsselbloem se défend face au Parlement

Le président de l’Eurogroupe a fait l’objet de vives critiques au Parlement européen, en raison de son rôle dans le programme de sauvetage grec et de ses commentaires sur les États membres du sud.u sud.

Superministre ?

Le prolongement de la présidence de Jeroen Djiisselbloem donne un peu plus de temps aux dirigeants européens pour organiser une réorganisation plus large des postes importants liés à l’économie.

Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a proposé de créer un poste unique de ministre de l’Économie et des Finances de l’UE, qui rassemblerait les fonctions de président de l’Eurogroupe et de commissaire aux affaires économiques.

Pourquoi Juncker ne veut pas de Parlement pour la zone euro

Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a insisté sur l’extension de la zone euro, mais pas sur son approfondissement. Il craint l’Europe à deux vitesses défendue par Emmanuel Macron.

Le président de la Commission européenne a appelé, lors …

Ce « superministre » serait responsable de la supervision des réformes structurelles dans les États membres, avec l’aide d’un nouvel instrument incitatif fiscal qui devrait être présenté en décembre. D’ici la fin de l’année, l’exécutif européen devrait également proposer une mesure de soutien de l’investissement pendant les récessions.

Les représentants nationaux s’attendent à une décision de l’Eurogroupe sur sa future présidence en octobre ou novembre. Pour ce faire, il faudra procéder à une évaluation de la popularité de la proposition de Jean-Claude Juncker de créer un poste combinant toutes les fonctions économiques de haut vol de la Commission et du Conseil.

Un tel poste pourrait être confié à Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances en France et actuel commissaire aux affaires économique, qui ne fait pas de secret de son ambition de briguer un poste dans les hautes sphères européennes, possiblement celui de président de la Commission. L’ascension du socialiste pourrait cependant être entravée par des considérations politiques.

Un autre Français, Bruno Le Maire, ministre des Finances du gouvernement Macron, est considéré comme favori pour remplacer Jeroen Dijsselbloem.

À l’heure actuelle, toutes les institutions européennes sont présidées par des membres du Parti populaire européen (PPE), de centre droit, la plus grande famille politique européenne. En théorie, le prochain président de l’Eurogroupe devrait également être issu du PPE, à moins que les dirigeants européens ne veuillent restaurer un équilibre démocratique.

Emmanuel Macron n’a en effet pas encore décidé s’il se rallieraient au PPE ou au S&D, le groupe des socialistes et démocrates, voire à aucun des deux. Certains estiment qu’il pourrait attendre les élections européennes de mai 2019 pour trancher.

Il n’y a que deux autres candidats socialistes sérieux à la présidence de l’Eurogroupe : Mario Centeno, le ministre portugais, acclamé pour avoir remis sur pied l’économie nationale, et le Slovaque Peter Kazimir, qui est cependant considéré comme ayant beaucoup d’ambition personnelle.

La nomination d’un nouveau président de l’Eurogroupe sera également liée à la présidence et à la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE), qui seront vacantes à partir de mi-2018. Des discussions à ce sujet devraient débuter cet automne.

Les représentants espagnols semblent absolument certains que la vice-présidence échouera à Madrid, étant donné que l’Espagne, quatrième plus grande économie de l’UE, a perdu la présidence du conseil administratif de la BCE en 2012.

Luis de Guindos, le ministre des Finances espagnol, serait en effet dans la course. Il s’était battu jusqu’au bout en 2015 face à Jeroen Dijsselbloem pour la présidence de l’Eurogroupe, sans succès. Sa candidature n’a cependant pas encore été confirmée.

Berlin pourrait soutenir la nomination de l’Espagnol à la vice-présidence en échange du soutien de Madrid pour son candidat, Jens Weidmann, qui dirige la Bundesbank, à la présidence. Si ces ambitions se réalisent, l’Allemagne détiendrait les présidences de la plupart des institutions économiques et financières européennes : la BCE, la Banque européenne d’investissement, le Mécanisme européen de stabilité et le Conseil de résolution unique.

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La volonté politique de rassembler la zone euro s’érode inexorablement, s’inquiète Leo Hoffmann-Axthelm, de Transparency International. Qui appelle à des réformes vitales après les élections de septembre.

 

Prochaines étapes

  • 15-16 septembre : Réunion de l’Eurogroupe et de l’Ecofin à Tallinn (Estonie).

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