Mario Draghi confiant sur le budget de l’Italie

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. [EPA/Stephanie Lecocq]

Le président de la BCE, Mario Draghi, est convaincu qu’un accord sur le budget de Rome pour l’année prochaine sera bientôt conclu.

Après la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, Mario Draghi a fait part de ses espoirs d’une résolution du différend entre Italie et exécutif européen.

« Personnellement, je suis convaincu que nous parviendrons à un accord », a-t-il affirmé, après que la Commission a pris la décision inédite de rejeter le budget italien soumis récemment. Selon elle, il constituait une « violation sans précédent » du pacte de stabilité et de croissance.

« Au final, cette décision relève du bon sens. Elle est bonne pour le pays, les ménages et les gens », a argué l’ancien responsable de la banque centrale italienne, qui vient de refuser d’endosser le rôle de médiateur car il s’agit selon lui d’une « décision budgétaire ».

Le gouvernement italien refuse de modifier son budget

La Commission devrait rejeter le budget italien, en infraction « sans précédent » aux règles budgétaires européennes. Rome défend pour sa part une « décision difficile, mais nécessaire ».

Mario Draghi a d’ailleurs envoyé un message clair à l’Italie : cette période expansionniste aurait dû être mise à profit par cette économie fortement endettée pour « Reconstruire une marge budgétaire ». Selon lui, le « plein respect » du règlement de l’UE est essentiel pour préserver une « situation budgétaire saine ».

Afin de réduire sa dette publique massive, l’UE a demandé à l’Italie de revoir son déficit à la baisse, grâce à de nouveaux impôts et des réductions de dépenses, pour qu’il atteigne 0,6 % de son PIB.

Au lieu de quoi, le gouvernement populiste Mouvement Cinq Étoiles-Ligue a proposé un budget expansionniste qui allait augmenter ses dépenses de près de 0,9% du PIB, et porter le déficit à 2,4 %, soit trois fois plus que l’objectif fixé par le gouvernement précédent.

L’Italie a désormais trois semaines pour soumettre une nouvelle proposition. Si elle y rechigne, la Commission lancera une procédure de déficit excessif qui pourrait aboutir à une amende de 0,5 % de son PIB.

À Bruxelles, lors d’une réunion entre le conseil des gouverneurs de la BCE et Valdis Dombrovkis, commissaire en charge de l’euro, ce dernier a insisté sur la « nécessité d’appliquer le règlement budgétaire tout en maintenant le dialogue ».

Le sommet de l’euro assombri par le budget italien

La Commission a mis en cause les efforts de plusieurs États membres, qui ne limitent pas assez leur déficit. L’Italie affiche quant à elle un dérapage budgétaire sans précédent.

Le budget italien contrarie, jusqu’à avoir été le sujet d’une conversation téléphonique entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et la chancelière allemande, Angela Merkel, au cours duquel cette dernière a exprimé son soutien à Bruxelles.

Il n’empêche que jusqu’à présent, le mépris de l’Italie à l’égard des règles de l’UE a eu un effet boule de neige « limité » sur certains « pays de la périphérie », a observé Mario Draghi.

Les coûts d’emprunt de pays comme l’Espagne et la Grèce ont augmenté ces derniers jours, mais tout de même moins que pendant la crise de la zone euro.

Draghi a expliqué que cet essoufflement des économies européennes pouvait aussi s’expliquer par des facteurs propres à chaque pays, tels que le secteur automobile allemand ou les chiffres à l’exportation.

Il a rappelé que l’économie de la zone euro avait connu une croissance proche de son plein potentiel l’année dernière, et que la productivité revenait maintenant à son niveau normal. Toutefois, le conseil des gouverneurs réévaluera les tendances en décembre pour voir où va l’économie européenne.

Pour l’instant, l’évaluation actuelle a conduit la BCE à maintenir les taux d’intérêt inchangés. La banque centrale continuera son rachat de dette au rythme mensuel de 15 milliards d’euros jusqu’en décembre, conformément à ce qui avait été annoncé précédemment.

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