La BCE appelle à la finalisation de l’union monétaire dans un monde «instable»

[European Parliament]

Le président de la BCE, Mario Draghi appelle à finaliser le cadre de la zone euro et à réduire les divergences entre les États de l’Est et de l’Ouest afin de protéger l’euro dans un monde « instable ».

Alors que l’euro fêtera son 20e anniversaire en janvier prochain, les membres de la zone euro luttent pour renforcer l’union économique et monétaire (UEM).

L’Eurogroupe veut améliorer le mécanisme européen de stabilité, le fonds anti-crise du continent, grâce à de nouveaux outils. Les partenaires de l’euro veulent aussi terminer l’union bancaire en ajoutant un filet de sécurité commun pour venir en aide aux banques en difficulté.

Toutefois, les avancées à vitesse d’escargot pour stimuler la zone euro sont loin de combler les grandes attentes de certains pays, comme la France.

Une dizaine de pays mènent la fronde pour durcir le mécanisme de stabilité

Certains pays, comme les Pays-Bas, souhaitent rendre le Mécanisme européen de stabilité plus strict, alors que d’autres, comme l’Espagne, prônent une certaine flexibilité.

 

Mario Draghi a déclaré à la commission des affaires économiques et monétaires que les prochains mois seraient « décisifs pour prendre des actions concrètes » afin de réformer l’union monétaire avant les élections européennes de mai prochain. Selon lui, il est temps d’agir.

Priorités

Mario Draghi a listé trois priorités : renforcer la coordination politique, établit un instrument budgétaire pour la zone euro afin d’absorber les chocs économiques, et terminer l’union bancaire et une union « ambitieuse » des marchés des capitaux.

« Nous avons besoin de raviver la confiance en nos règles communes et garantir qu’elles sont respectées », a déclaré le directeur de la banque centrale.

Ses commentaires surviennent alors que l’Italie est à couteaux tirés avec ses partenaires européens sur ses projets de budget pour l’année prochaine, étant donné sa dette publique abyssale de 131 % de son PIB.

L’Italien a déclaré aux eurodéputés qu’il avait toujours été confiant en la conclusion d’un accord entre l’Italie et l’UE sur le projet budgétaire.

Mario Draghi confiant sur le budget de l’Italie

Le président de la BCE, Mario Draghi, est convaincu qu’un accord sur le budget de Rome pour l’année prochaine sera bientôt conclu.

 

Il a toutefois insisté sur le fait que « les pays avec une grande dette devaient la réduire. »

En signe de bonne volonté, le gouvernement italien a annoncé lundi pour l’objectif de déficit pour l’année prochaine pourrait être de 2 %, soit moins que l’objectif initial de 2,4 % du PIB.

Les responsables européens ont accueilli « le signal positif » venant de Rome, mais ont expliqué que l’indicateur principal de l’impasse n’était pas la réduction du déficit, mais l’effort structurel nécessaire pour réduire le déficit public.

L’euro en jeu

Les conséquences d’une UEM mal conçue ont également été décrites sous un angle différent par Benoit Cœuré, membre du directoire de la BCE.

Il a averti que si les divergences entre les membres de l’Est et de l’Ouest de la zone euro ne sont pas réduites plus rapidement, l’euro lui-même pourrait en pâtir

« S’il n’y a pas de perspective crédible d’un rattrapage rapide des pays à faible revenu, les habitants de ces pays risquent de remettre en question les avantages mêmes de l’adhésion à l’UE ou à l’union monétaire », a-t-il déclaré lundi à Vienne.

« De tels doutes seraient particulièrement inquiétants dans le monde instable dans lequel nous vivons actuellement », a-t-il ajouté.

Fin du programme

Mario Draghi a déclaré au Parlement européen que les données économiques recueillies depuis septembre étaient « un peu plus faibles que prévu », ce qui indique que le ralentissement de la croissance dans la zone euro se poursuit.

Malgré ces signaux inquiétants, l’Italien a confirmé que la BCE mettra fin à son programme d’achat d’obligations le mois prochain.

L’institution basée à Francfort maintiendra néanmoins un « niveau significatif de relance monétaire », a-t-il ajouté, étant donné les « incertitudes actuelles ».

L’un des outils consisterait à réinvestir les liquidités provenant des obligations arrivant à échéance.

Mario Draghi a expliqué que la perte de croissance s’expliquait principalement par la faiblesse des échanges commerciaux et par certains facteurs propres à certains pays et à certains secteurs. Selon lui, c’est « normal » car l’expansion est peut-être en train d’atteindre son maximum.

Mario Draghi presse les États membres pour finaliser l’union bancaire

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a appelé les États membres de la zone euro à finaliser l’union bancaire avec un système européen d’assurance des dépôts.

 

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