Edition spéciale : Erasmus se taille la part du lion dans les financements pour l’éducation

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Cet article fait partie de l'édition spéciale Budget UE 2014-2020.

Le plus célèbre programme d'échange européen pour les étudiants bénéficierait d'une augmentation de 71% de ses financements dans le cadre des propositions de la Commission sur le budget 2014-2020. Cette augmentation découle notamment du regroupement des programmes d'éducation et de formation dans la catégorie Erasmus.

Dans les propositions soumises la semaine dernière, l'éducation bénéficie de la plus forte augmentation dans le budget à long terme de l'UE et son financement fait un bond de 71 %, passant de 8,76 milliards à 15,2 milliards d'euros.

Toutefois, l'exécutif européen souhaite que cette augmentation aille de pair avec une organisation simplifiée, ce qui pourrait de prime abord causer des problèmes avec d'autres programmes qui reçoivent actuellement des fonds de l'UE.

Le financement de l'éducation est aujourd'hui divisé en trois parties. Le programme d'apprentissage tout au long de la vie englobe le programme Erasmus d'échanges universitaires, le programme Leonardo da Vinci de formation professionnelle, le programme Comenius d'échange et de coopération entre les établissements scolaires, et le programme Grundtvig de formation des adultes.

Ensemble, ces programmes se taillent la part du lion (7,1 milliards d'euros) des financements actuels. Jeunesse en action – le programme qui offre l'opportunité de participer à des formations plus informelles – ainsi que les programmes mondiaux, tels qu’Erasmus Mundus, sont gérés séparément.

La dénomination Erasmus pour tous les programmes

Selon des documents politiques internes consultés par EURACTIV, avant que leur financement ne soit massivement augmenté, ces programmes seront tous regroupés sous le programme « Education Europe ».

Dennis Abbott, le porte-parole de la commissaire à l'éducation, Androulla Vassiliou, a déclaré à EURACTIV : « Ils [les programmes distincts] sont caractérisés par la prolifération de petits projets et certains n'ont pas suffisamment d'envergure pour avoir l'impact à long terme nécessaire. En outre, certains programmes se chevauchent, ce qui a mené à une augmentation des coûts de gestion et a désorienté des candidats potentiels ».

L'exécutif européen devrait abandonner le nom de ces programmes et miser sur la dénomination la plus connue et la plus attractive en les renommant tous Erasmus, ou « Nouvel Erasmus », une idée qui reste très controversée.

La Commission pense que, contrairement à certains autres noms de programmes, Erasmus est reconnu presque partout et est sans doute le programme européen le plus connu. 

Miser sur la visibilité d'Erasmus permettrait que la Commission apporte un plus grand soutien financier à l'étude, à la formation et au volontariat dans toutes les sphères et pour tous les âges, selon les représentants de l'Union.

Le changement de nom est-il une bonne idée ?

Le changement de nom est encore débattu au Parlement européen et certaines parties prenantes craignent que la perte de dénominations telles que « Jeunesse en action » mène à une réduction des financements.

Un représentant de l'UE a expliqué à EURACTIV : « Ce n'est pas vrai. La proposition de la Commission implique davantage de soutien pour l'éducation formelle et la jeunesse. Il n'est pas vrai que la suppression, par exemple, d’un programme Jeunesse en action distinct signifie une suppression ou une réduction des programmes d'éducation informelle pour les jeunes ».

Il a ajouté : « Un programme est un moyen et non une fin en soi. Nous voulons nous concentrer sur la meilleure manière d'aider les jeunes et non pas sur la meilleure façon de garder les actuelles structures administratives inchangées ».

Le regroupement des programmes sous la dénomination Erasmus surgirait à un moment significatif, dans la mesure où dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le nombre de jeunes, d'étudiants et d'universitaires qui seront engagés dans différents programmes de formation et de mobilité devrait pratiquement doubler pour passer de 400 000 chaque année pour l'instant à 700 000, voire 800 000 par an.

Les domaines qui devraient bénéficier d'une augmentation spécifique sont la recherche au niveau du Master – avec un nouveau programme impliquant la Banque européenne d'investissement qui fournira des garanties aux étudiants – et les échanges d'enseignants.

Jeremy Fleming Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet

« Ce budget est une excellente nouvelle pour nos jeunes. Investir dans la jeunesse est l'une des meilleures stratégies pour l'avenir de l'Europe », a déclaré Androulla Vassiliou, commissaire européenne chargée de l'éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse. Elle a ajouté : « Nous voulons les aider à développer leurs compétences et leur mobilité afin qu'ils augmentent leurs chances de trouver un emploi. Environ 400 000 jeunes par an bénéficient actuellement de nos bourses pour l'étude, la formation et le volontariat à l'étranger. Mais la demande est énorme et nous refusons un candidat sur deux par manque de ressources. Ce financement supplémentaire nous permettra d'aider jusqu'à 300 000 jeunes en plus chaque année ».

« L'architecture des programmes et des instruments est actuellement fragmentée. Ils [les programmes distincts] sont caractérisés par la prolifération de petits projets et certains n'ont pas suffisamment d'envergure pour avoir l'impact à long terme nécessaire. En outre, certains programmes se chevauchent, ce qui a mené à une augmentation des coûts de gestion et a désorienté des candidats potentiels », a déclaré Dennis Abbott, porte-parole de la Commissaire Androulla Vassiliou.  

Il a ajouté : « Par conséquent, la Commission suggère de rationaliser et de simplifier la structure actuelle en proposant un seul programme intégré pour l'éducation, la formation et la jeunesse. L'objectif sera de développer les compétences et la mobilité du capital humain. Pour les mêmes raisons, la synergie sera également apportée dans les programmes culturels liés à cet objectif. Les procédures de candidature, le contrôle et l'évaluation des projets seront simplifiés, notamment via la gestion des projets par les agences nationales ».

Le programme européen Erasmus, lancé en 1987, donne aux étudiants l’opportunité de passer une partie de leurs études universitaires au sein d’un établissement étranger.

Actuellement, quelque 200 000 étudiants par an utilisent ce programme, et la Commission européenne estime qu’environ 4 % des étudiants européens reçoivent une bourse Erasmus à un moment donné de leurs études.

La Commission a lancé une consultation publique sur la promotion de la mobilité étudiante pour les jeunes le 8 juillet 2009, amorçant un débat sur la manière de dynamiser au mieux les opportunités pour les jeunes gens en Europe afin qu’ils développent leurs compétences en passant du temps à l’étranger.

Le Livre vert sur la promotion de la mobilité étudiante des jeunes invite les parties prenantes à considérer la manière de convaincre davantage d’étudiants de passer du temps à l’étranger, de lever les obstacles restants à la mobilité et d’améliorer la coopération entre les gouvernements, les institutions d'enseignement et les ONG dans cette perspective.

En 2008, le Parlement européen a accepté de quadrupler le budget pour le programme Erasmus Mundus de l’UE de 230 millions d’euros à 950 millions d’euros sur la période 2009-2013 (EURACTIV 22/10/08).

Erasmus Mundus est destiné à attirer en Europe des étudiants et des professeurs hautement qualifiés de pays non européens.

  • Automne 2011 : le Parlement européen et le Conseil débattront du cadre financier pluriannuel.

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