En 2021, Bruxelles prévoit de lever 56 milliards sur les marchés pour le fonds de relance

Le commissaire européen au budget, Johannes Hahn. [EFE/FRANCOIS WALSCHAERTS / POOL]

La Commission européenne a fait savoir qu’elle comptait lever au moins 56 milliards d’euros sur les marchés en 2021, afin de financer le fonds communautaire de relance, qui s’élève au total à 750 milliards d’euros. Un article d’Euroefe.

« Le montant minimum que nous devons réunir cette année est de 56 milliards d’euros, mais je suis sûr que (…) des besoins supplémentaires pourraient apparaître », a déclaré Johannes Hahn, le commissaire européen au budget, lors d’une rencontre avec plusieurs médias mercredi 10 mars.

Le politicien autrichien a précisé que, sur ce minimum de 56 milliards d’euros, 47 milliards serviraient à financer le mécanisme de relance et de résilience, la pierre angulaire du fonds de relance, qui canalisera 672,5 milliards d’euros destinés à la reconstruction économique.

En outre, 2 milliards d’euros supplémentaires seront alloués au programme InvestEU, le nouveau plan d’investissement communautaire qui bénéficiera d’une garantie budgétaire de 26,2 milliards d’euros financée par les ressources du fonds de relance et des comptes pluriannuels de l’Union.

Par ailleurs, 7 milliards d’euros seront levés sur les marchés pour alimenter le fonds de transition juste, dont le budget est également réparti entre le fonds de relance et les comptes pluriannuels pour la période 2021-2027, ainsi que le paquet d’aide à la relance pour la cohésion et les territoires d’Europe (REACT-UE).

Les investisseurs sont "préoccupés" par le déploiement du fonds de relance de l'UE

L’argent du fonds européen de 750 milliards d’euros pour la recherche sur les coronavirus pourrait commencer à être versé aux États membres avant l’été. Mais les investisseurs s’inquiètent.

Johannes Hahn a annoncé que la Commission prévoyait de présenter un plan de financement tous les six mois et que le premier serait présenté en juillet.

Il a ajouté que l’exécutif européen espérait lever entre 150 et 200 milliards d’euros chaque année sur les marchés jusqu’en 2026 et que des travaux étaient actuellement en cours pour définir le volume et la fréquence des émissions.

Le commissaire a dit espérer que les 27 États membres auraient ratifié la décision sur les ressources propres d’ici au mois de juin, une étape essentielle pour que la Commission européenne puisse se rendre sur les marchés pour emprunter dès l’été. « J’espère que nous conclurons cet exercice au plus tard en juin », a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu’à ce jour, huit États membres avaient ratifié cette décision : la Croatie, Chypre, l’Italie, la France, Malte, la Slovénie, le Portugal et la Bulgarie.

En parallèle, la Commission continue à travailler avec les États membres sur les plans nationaux qu’ils doivent soumettre à Bruxelles pour se voir allouer des ressources du fonds de relance de l’UE, et qui doivent inclure à la fois des investissements et des réformes, a-t-il ajouté.

« Ce que nous voyons, c’est que les priorités politiques, le Green deal, la numérisation, sont bien reflétés dans les propositions. C’est le programme de réformes qui est encore perfectible », a-t-il déclaré.

Les réformes prévues par les plans de relance nationaux sont insuffisantes, selon Bruxelles

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D’autre part, Johannes Hahn a souligné que la Commission présenterait une proposition concernant trois nouvelles ressources propres destinées à financer le budget de l’UE (taxe numérique, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et extension du système d’échange de quotas d’émission) « d’ici à la fin juin au plus tard ».

Selon le commissaire, ces dispositifs permettraient, après 2027, de rembourser la dette contractée pour financer le fonds de relance à hauteur de 15 à 16 milliards d’euros par an.

Mardi 9 mars, la Commission européenne a procédé à une nouvelle émission de 9 milliards d’euros d’obligations sociales pour financer le fonds de lutte contre le chômage SURE, doté de 100 milliards d’euros et destiné à financer les systèmes de réduction du temps de travail.

Il s’agissait de la cinquième émission obligataire réalisée dans le cadre de ce mécanisme. Sur les 90,6 milliards d’euros alloués à 19 pays, Bruxelles a déjà levé 62,5 milliards d’euros.

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