En Europe, la spirale inquiétante des écarts de revenus

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Selon Eurostat, en 2018, le PIB par habitant en UE variait de 30 % à 263 % par rapport à la moyenne européenne. Des chiffres qui témoignent des contrastes au niveau européen, mais aussi national. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Brexit au Royaume-Uni, montée des populismes en Italie, « gilets jaunes » en France, votes en faveur de l’extrême droite en Allemagne… le malaise des citoyens sur le Vieux continent a pris des formes multiples depuis quelques années. La question des inégalités est au cœur des préoccupations citoyennes. La nouvelle publication d’Eurostat publiée ce jeudi 5 mars dresse un sombre tableau des écarts de revenus dans les différentes régions européennes.

En 2018, le PIB intérieur brut régional par habitant, exprimé en standard de pouvoir d’achat pour faciliter les comparaisons internationales, variait entre 30 % et 268 % de la moyenne de l’Union européenne fixée à 30 200 euros pour le PIB par habitant. La première carte du rapport d’Eurostat met en exergue les contrastes entre les États et au sein de ces mêmes États.

Bien que les pays de l’Est aient entamé un rattrapage par rapport à l’Ouest, la fracture est encore saisissante. Le cas de l’Allemagne est particulièrement éclairant, même 30 ans après la chute du mur de Berlin. Les habitants des Länder situés à l’Est demeurent moins bien lotis que ceux de l’Ouest. De même qu’en France, l’écart entre l’Île-de-France et les autres régions, hormis Auvergne-Rhône-Alpes, reste très marqué. En outre, la concentration des sièges sociaux de grandes entreprises dans la région francilienne peut contribuer à accentuer ce contraste.

Pologne et Allemagne toucheront l'essentiel du Fonds de transition juste

Varsovie et Berlin devraient être les principaux bénéficiaires du Fonds de transition juste. Sur une enveloppe totale de 7,5 milliards d’euros, la Commission européenne propose d’allouer 2 milliards à la Pologne et 877 millions à l’Allemagne.

Le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas en tête

Sans surprise, les résultats communiqués par les statisticiens européens indiquent que les régions qui figurent en tête de classement se situent au Luxembourg (263 % de la moyenne de l’Union européenne), en Irlande (sud : 265 %, est et centre : 210 %), dans la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique (203 %) ou à Hambourg en Allemagne (197 %).

Souvent, ces zones géographiques se situent dans des pays au régime fiscal très avantageux pour les entreprises et sont connues pour être le lieu d’implantations de nombreuses multinationales. La présence de tels centres de décision peut contribuer à gonfler de manière artificielle le produit intérieur brut de certains pays comme l’Irlande, sans forcément profiter à l’ensemble des ménages, comme l’ont montré plusieurs économistes et statisticiens. Cela peut se répercuter dans les chiffres de PIB/habitant rendus publics par Eurostat. En outre, la multiplication des régimes fiscaux et sociaux dans l’Union européenne peut également renforcer certains écarts de revenus.

En bas de tableau, figure la région française d’outre-mer Mayotte (30 % de la moyenne de l’Union européenne). Cette position défavorable en matière de PIB par habitant s’explique en partie « par des facteurs démographiques, puisque 42 % de la population [est] âgée de moins de 15 ans », rappellent les services de statistiques de la Commission européenne. Viennent ensuite trois régions de Bulgarie (autour de 35 %).

Les écarts de salaires peuvent expliquer ces fossés régionaux en matière de PIB par habitant et, si la mise en place d’un salaire minimum à l’échelle européenne pourrait contribuer à réduire cet écart, beaucoup de pays s’opposent encore à ce type d’outil contesté.

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Une nouvelle étude révèle que les pays, régions et villes qui poursuivent un objectif de neutralité carbone génèrent près de la moitié du PIB annuel mondial. Un article de notre partenaire, edie.net.

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Près de 10 ans après la grande crise de 2008 et la crise des dettes souveraines en zone euro, les séquelles sont toujours bien visibles. Sur le front de l’emploi, même si l’emploi a augmenté de 2,6 % en moyenne sur l’ensemble du continent, les écarts sont colossaux entre les pays et au sein des États.

Durant la dernière décennie, 148 régions sur 238 (deux tiers) ont enregistré une hausse de leur taux d’emploi. À l’opposé, la proportion de personnes employées a chuté ou s’est stabilisée dans près d’un tiers des régions européennes. D’ailleurs, la carte de l’emploi se superpose en partie à celle du PIB par habitant.

Parmi les zones plus dynamiques figurent Malte (+46 %), le Luxembourg (+28,4 %), la Poméranie (+26,6 %) en Pologne, Mayotte en France (+22,8 %) ou encore Berlin en Allemagne (+22,5 %). À l’inverse, le coup de frein de l’activité et les différentes mesures d’austérité dans certains cas ont eu des répercussions sur la santé de l’emploi en Bulgarie (-20,2 %), en Grèce (-17,3 %) et en Roumanie (-15,6 %).

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Face aux facteurs de risque pesant sur la croissance de la zone euro, il faudrait réviser à la baisse le produit intérieur brut de la zone euro pour 2018 et 2019. Une interview de notre partenaire, La Tribune.

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