En Europe, les entreprises à forte croissance décollent

L'endettement des entreprises françaises est le principal risque pour le système financier français selon la Banque de France [Gonzalo Fuentes]

Le nombre d’entreprises à forte croissance a bondi de 13% entre 2015 et 2016 profitant d’une conjoncture économique favorable. Cette moyenne masque cependant des disparités entre les pays. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’essor des entreprises à forte croissance se confirme sur le sol européen. En 2016, près de 180 000 entreprises du secteur privé employant au moins 10 salariés étaient reconnues comme des entreprises de cette catégorie contre 158 000 en 2015 et 144 000 en 2014, selon une étude de la Commission européenne publiée ce jeudi 5 avril. Les entreprises à forte croissance se démarquent par une croissance moyenne annualisée du nombre de salariés supérieure à 10% par an, sur une période de trois ans et un effectif d’au moins dix salariés en début d’activité. Ces entreprises jouent un rôle moteur dans la croissance économique et la création d’emplois. Toutes ces firmes emploient environ 15 millions de personnes dans l’UE.

Une variation à la hausse

Sur le vieux continent, les chiffres d’Eurostat indiquent que les entreprises à forte croissance ont bondi de 13% en moyenne en 2016 contre 7% l’année d’avant. Derrière ce chiffre, de véritables disparités apparaissent au sein de l’Europe. Sur les 27 pays où les données sont disponibles, seulement quatre ont connu une baisse de ce type de société. Il s’agit de la Lettonie (38%), de l’Estonie (-29%), de Malte (-18%) et de la Finlande (-4%). À l’inverse, Chypre (104,17%), la Roumanie (34%) et la Slovénie (28,05%) figurent sur les trois premières marches du podium. Quant à la France, elle se situe à la sixième position sur 27 pays en termes de progression.

(La Grèce ne figure pas sur le graphique en raison de l’absence de données pour l’année 2016.)

En valeur absolue, c’est l’Allemagne qui compte le plus d’entreprises de cette catégorie, suivie du Royaume-Uni (26 000), de l’Espagne et de la France (17 000 chacune) et l’Italie (15 000).

Emploi et croissance restent faibles malgré la reprise

L’UE reste confrontée à un taux d’investissement faible, à un chômage élevé chez les jeunes et à une fracture sociale croissante.

 

 

Un poids économiques relativement faible

Si l’essor des entreprises françaises à forte croissance est indéniable, leur poids dans l’économie tend à relativiser ces bonnes performances économiques. En effet, les entreprises à forte croissance ne représentaient que 8,5% des entreprises du secteur marchand en France. Ce qui classe l’économie tricolore à la 19ème place sur 24 en 2015.

À l’échelle européenne, des différences considérables ont été observées parmi les États membres s’agissant de la proportion d’entreprises à forte croissance, avec des pourcentages supérieurs à 12% comme l’Irlande (14,8%), la Hongrie (12,52%) ou la Slovaquie (12,23%). En revanche, le pourcentage le plus faible a été enregistré en Roumanie (2,25%), suivie à distance par l’Autriche (6,45%) et l’Italie (7,5%). En moyenne dans l’Union européenne, cette proportion atteint 9,9%.

L’hébergement et la restauration dominent les autres secteurs

Le nombre d’entreprises à forte croissance a augmenté dans tous les secteurs économiques rappelle le service de statistiques de la Commission européenne. L’hébergement et la restauration ont connu la plus forte dynamique entre 2015 et 2016 (20,6%), suivis du secteur de l’information et de la communication (15,4%) et celui du transport (+14,7%). À l’opposé, le secteur de l’énergie (gaz, électricité), ainsi que les banques et assurances ont connu les variations les moins dynamiques (respectivement +2,5% et +5,9%).

Cette démographie d’entreprises s’inscrit dans une conjoncture économique plutôt favorable avec une croissance vigoureuse en zone euro ces deux dernières années, mais plusieurs facteurs d’incertitude pèsent actuellement sur l’activité. Le secteur privé dans l’union monétaire connaît actuellement un ralentissement à la fois dans les services et dans l’industrie, selon les dernières enquêtes menées par l’institut Markit auprès de 5 000 entreprises au sein de la zone euro. L’expansion des entreprises à forte croissance pourrait donc être freinée dans les mois à venir si ce ralentissement se confirmait.

Le déficit public français au plus bas depuis dix ans

Le déficit public a reculé de 0,8 point notamment grâce à une forte progression des rentrées fiscales, dopées par le retour de la croissance. Dans l’eurozone, il se situe autour de 1%. Un article de notre partenaire, La Tribune.

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