En Europe, l’industrie dans le rouge fin 2019

[EP]

L’activité du secteur industriel de la zone euro s’est contractée en décembre pour le 11e mois consécutif, montre l’enquête mensuelle d’IHS Markit, qui suggère qu’une amélioration début 2020 est peu probable. Un article de notre partenaire La Tribune.

L’industrie européenne continue de souffrir. Selon les derniers résultats du cabinet Markit publiés le jeudi 2 janvier, la contraction du secteur manufacturier s’est amplifiée au mois de décembre. L’indice PMI qui mesure l’activité a fléchi passant de 46,9 à 46,3 entre novembre et décembre. Il reste ainsi sous le seuil fatidique des 50 points pour le 11e mois consécutif. L’activité apparaît en progression lorsque l’indice dépasse 50 points et un score inférieur à ce niveau témoigne d’une baisse de l’activité. Le chef économiste, Chris Williamson s’est montré pessimiste pour 2019.

« Le secteur manufacturier de la zone euro a terminé l’année 2019 sur une note très décevante, l’enquête de décembre mettant en évidence le plus fort repli de l’activité manufacturière depuis 2012. Les dernières données PMI préfigurent ainsi une baisse de la production industrielle de l’ordre de 1,5 % au quatrième trimestre, ces mauvaises performances risquant de peser fortement sur la croissance économique globale de la région ».

L’Allemagne toujours dans le rouge

Les déboires de l’industrie allemande se prolongent. L’indice PMI s’est de nouveau contracté entre novembre et décembre pour atteindre 43,7, soit le plus bas niveau des 8 pays étudiés. La première puissance économique de la zone euro reste plongée dans de profondes difficultés liées à une industrie exposée aux soubresauts de l’économie mondiale et aux exigences environnementales. Si le taux de chômage et l’emploi résistent au niveau global, les destructions de postes signalés par les industriels allemands pourraient avoir des répercussions sur l’économie outre-Rhin. L’industrie italienne, confrontée à une très faible croissance depuis des années, a enregistré sa plus forte contraction depuis plus de six ans et demi. Aux Pays-Bas, la conjoncture de la production industrielle est également morose.

Angela Merkel fait fi des appels à la relance budgétaire

L’Europe a appelé la chancelière allemande, Angela Merkel à augmenter les dépenses publiques afin d’éviter l’austérité qui a aggravé la crise de l’euro, mais cette dernière ne s’y est pas pliée.

La France au ralenti

La morosité gagne également les industriels tricolores. En effet, les économistes de Markit indiquent que « le secteur manufacturier français a enregistré sa plus faible croissance depuis trois mois en décembre, tendance reflétant notamment un ralentissement de la hausse de la production et un retour à la baisse des nouvelles commandes ». L’environnement international a pesé en fin d’année sur l’appareil industriel hexagonal. Les économistes de l’Insee et ceux de la Banque de France insistaient particulièrement sur ce point lors de leurs dernières projections en décembre dernier. Selon les conjoncturistes, la croissance du PIB devrait néanmoins se maintenir autour de 0,3 % même si de nombreuses incertitudes subsistent sur la durée du mouvement social en France.

Des signes d’apaisement

Malgré ces chiffres décevants, quelques signaux favorables sont apparus ces dernières semaines. Après de multiples reports, le Brexit devrait se réaliser à la fin du mois de janvier. Il reste que ce divorce n’est que le début de nouvelles négociations commerciales entre l’Union européenne et le Royaume-Uni qui peuvent également jouer les prolongations, surtout que tous les scénarios restent sur la table.

Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

Les États membres de l’UE devraient se préparer à « tous les scénarios », alors que l’économie européenne continue de ralentir et ne devrait pas reprendre de si peu, avertit la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques.

Sur le front de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, il semble qu’une période de relatif apaisement pourrait se profiler. Le 31 décembre, Donald Trump a indiqué qu’il signerait le 15 janvier, à la Maison-Blanche, la « phase 1 » de l’accord commercial entre la Chine et les États-Unis avant de se rendre à Pékin « à une date ultérieure » pour lancer la prochaine étape des discussions. Lors d’un point presse à la mi-décembre, le chef du département de la conjoncture à l’Insee, Julien Pouget estimait que « certaines incertitudes se réduisent un peu ».

« La perspective d’un Brexit dur semble s’éloigner compte tenu de l’accord négocié il y a deux mois et des résultats des élections générales. Les États-Unis soufflent le chaud et le froid sur les négociations commerciales, mais ils semblent désireux de vouloir aboutir à un accord avec l’élection présidentielle à venir […] Sur le plan économique, la crainte d’un retournement conjoncturel global semble s’atténuer. En même temps, on peine à discerner les facteurs qui seraient susceptibles de redonner du souffle à l’économie mondiale. Il faut se contenter d’un tableau en clair-obscur avec des facteurs de soutien monétaire et budgétaire ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.