En Europe, un enfant sur quatre est menacé de pauvreté

Au sein de l’UE, c’est en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce et en Italie que le pourcentage de mineurs risquant de basculer dans la pauvreté ou l'exclusion est le plus élevé, avec un taux supérieur à 30 %. [Melinda Nagy/ Shutterstock]

La pauvreté et l’exclusion, qui menacent près d’un enfant sur quatre, demeurent « un problème grave au sein de l’Union européenne ». Il est en outre difficile d’évaluer l’efficacité des mesures de lutte adoptées, selon un rapport. Un article d’Euroefe.

En 2018, 23 millions d’enfants étaient menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale au sein de l’Union européenne, selon un rapport de la Cour des comptes européenne publié mardi 29 septembre. Le document relève que les situations varient considérablement d’un État membre à l’autre.

Au sein de l’Union, c’est en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce et en Italie que le pourcentage de mineurs risquant de basculer dans la pauvreté ou l’exclusion est le plus élevé, avec un taux supérieur à 30 %. À l’inverse, les niveaux les plus faibles ont été enregistrés au Danemark (15,2 %), aux Pays-Bas (15,2 %), en République tchèque (13,2 %) et en Slovénie (13,1 %).

En Espagne, le pourcentage d’enfants dans cette situation atteignait 29,5 % en 2018.

La pauvreté des enfants s’accentue en Allemagne

Malgré la situation économique florissante de l’Allemagne, de plus en plus d’enfants vivent dans la pauvreté, selon une étude de la fondation Bertelsmann. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Selon les auditeurs européens, il est « difficile, voire impossible » d’évaluer si les initiatives de la Commission européenne (utilisation des instruments juridiques et des fonds de l’UE) « ont été suffisamment efficaces » pour lutter contre ce phénomène.

Afin d’y voir plus clair à l’avenir, la Cour des comptes recommande à la Commission européenne d’établir « des actions et des objectifs » en matière de lutte contre la pauvreté des enfants, et de les insérer dans son plan d’action lié au pilier européen des droits sociaux.

Autre possibilité évoquée par les auteurs du rapport : mettre en place des « orientations claires » pour identifier les situations qui pourraient conduire à une recommandation spécifique à un pays en matière de pauvreté des enfants. Cela s’ajouterait à l’analyse effectuée par Bruxelles dans le cadre du processus du semestre européen.

Pour mener à bien leur étude, les auditeurs ont examiné l’action de la Commission européenne et ont rendu visite aux autorités allemandes, italiennes, polonaises et roumaines. Ils se sont également entretenus avec des organisations internationales et non gouvernementales actives dans le domaine de la lutte contre la pauvreté des enfants.

La pauvreté stagne depuis 10 ans au Royaume-Uni

Après avoir baissé de 17 points entre 1995 et 2005 pour s’établir à 22% de la population, le taux de pauvreté « absolue » n’a diminué que de deux points lors de la décennie suivante. Et la situation devrait rester identique d’ici à 2022. Un article de notre partenaire La Tribune.

« Ni la Commission, ni les États membres sollicités n’ont été en mesure de quantifier le montant des fonds alloués aux projets directement liés à la [lutte contre la] pauvreté des enfants. Ils n’ont donc pas été en mesure d’évaluer leur efficacité », indique le rapport.

Ses auteurs recommandent dès lors à l’exécutif européen « d’orienter et de contrôler les investissements destinés à lutter contre la pauvreté des enfants durant la période budgétaire 2021-2027 ».

Ils demandent également à la Commission de s’assurer que les mesures nécessaires auront été prises et que des informations suffisantes auront été recueillies sur les mesures et les financements nécessaires pour qu’ils aient un impact positif sur le niveau de pauvreté des enfants au sein l’UE, ainsi que dans le but de préparer la future Garantie pour l’enfance de l’Union européenne.

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