Entreprises innovantes en Europe : les écarts se réduisent

EPA-EFE/LAURENT GILLIERON

La part des entreprises innovantes en Allemagne est passée de 80 % à 64 % entre 2008 et 2016, réduisant l’écart avec les autres pays européens selon une enquête de l’Insee. Un article de notre partenaire, La Tribune.

La grande récession de 2008 a eu des répercussions colossales sur l’innovation en Europe. Selon une étude de l’Insee publiée ce mardi 3 décembre, la proportion de sociétés innovantes dans l’Union européenne à 15 a retrouvé son niveau de 2008 en 2016 après avoir diminué entre 2008 et 2012. Ainsi, 57 % des entreprises de plus de 10 salariés ont réalisé des innovations au sens large (*) selon les résultats communiqués par l’institut de statistiques publiques.

 L’Allemagne perd du terrain

L’un des principaux enseignements de ce travail est que la première économie de la zone euro perd clairement du terrain entre 2008 et 2016. La proportion d’entreprises innovantes est passée de 80 % à 64 % en l’espace d’une décennie. Il s’agit de la plus forte baisse sur les 15 pays étudiés par les économistes de l’institut de statistiques. La République fédérale qui a longtemps été présentée comme un modèle dans le monde de l’innovation se retrouve dépassées par un certain nombre de pays.

En tête de classement figurent désormais la Belgique (68 % ; +10 points), le Portugal (67 % ; +9,1 points) et la Finlande (65 %, +12, 6 points). À l’inverse, l’Espagne (37 % ; -6,6 points), le Danemark (52 % ; -0,4 point) et la Suède (54 % ; 0,5 point) apparaissent en bas du tableau. La France fait figure d’élève moyen avec une huitième position sur 15 pays. L’économie tricolore comptait environ 58 % d’entreprises innovantes sur son territoire en 2016 contre 50 % en 2008. Les dynamiques les plus fortes concernent les Pays-Bas (60 % ; +15 points) et la Finlande (+12,6 points).

La France encore loin des objectifs européens

En dépit d’une hausse de la part des entreprises innovantes, la France est encore de remplir ses objectifs européens. L’Europe s’est fixée comme objectif de consacrer 3 % de son produit intérieur brut à des activités de recherche et développement l’année prochaine. Dans un dossier rendu public au printemps, les économistes de l’Insee rappelaient que le Vieux continent frôlait les 2 % et il était encore loin de talonner les États-Unis (2,7 %). La prise en compte d’autres indicateurs permet d’observer que les efforts de recherche présentent de fortes disparités. La France consacre ainsi 2,2 % de son PIB dans la recherche contre 2,9 % en Allemagne et 3,3 % en Suède, premier pays en Europe. Dans le détail, les dépenses réalisées par les entreprises représentent la majorité (65 %) des efforts (1,44 % du PIB). De leur côté, les efforts portés par les administrations publiques (35 %) sont estimés à 0,79 % du PIB.

La France séduit davantage les investisseurs allemands

Déjà fortement présentes dans l’Hexagone, de plus en plus d’entreprises allemandes souhaitent investir sur le territoire français, attirées entre autres, par la politique numérique du gouvernement.

Hormis des stratégies économiques éloignées, la désindustrialisation historique de l’économie française depuis les années 60 et le maintien d’un outil productif puissant en Allemagne peuvent expliquer une partie de ces écarts. Les statisticiens soulignent que le poids de l’industrie manufacturière (12 %) est deux fois plus faible que celui de l’Allemagne (23 %). À l’opposé, la part des services dans l’économie tricolore atteint 78 % contre 69 % outre-Rhin. Les activités du tertiaire sont généralement moins intensives en recherche et développement même si une partie des activités de l’industrie française est désormais intégrée dans les services.

(*) innovation qui couvre les quatre dimensions de l’innovation : technologique (de produits ou de procédés) ou non (d’organisation et de marketing).

Les entreprises allemandes et européennes championnes de l’innovation

Le dernier rapport de l’Office européen des brevets révèle une évolution positive pour l’Europe, avec une augmentation de 4,6 % de brevets déposés par des entreprises européennes.

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