L’Estonie compte entrainer l’UE dans la révolution numérique

Les nouveaux modèles économiques mettent les systèmes sociaux sous pression. [Alper Cugun/Flickr]

L’Estonie s’apprête à prendre la présidence tournante de l’UE et entend se concentrer sur l’avenir de l’emploi et le rôle de la technologie dans la transformation des systèmes sociaux.

L’Estonie n’a pas attendu pour utiliser les nouvelles technologies et transformer son économie et son gouvernement. Bientôt à la présidence tournante de l’UE, la « nation tech » européenne par excellence est prête à prêcher la révolution numérique et a prévu une douzaine de conférences pour explorer l’impact positif que peuvent avoir les technologies dans les différents secteurs d’activités.

Un impact redouté

Le passage à l’économie numérique ne convainc cependant pas tout le monde, et certains États membres s’inquiètent de l’impact destructeur de cette quatrième révolution industrielle. Afin de réduire les risques et de profiter pleinement de la transition, l’Estonie entend diriger le débat européen sur les manières dont la technologie pourraient nous aider à améliorer nos systèmes de protection sociale, en les rendant plus intelligents, moins chers et plus pratiques pour les citoyens.

« Nous savons tous que les systèmes sociaux doivent changer », soulignent les représentants estoniens.

Le petit pays balte organisera donc plusieurs conférences et discussions politiques de haut niveau, dans le but de mieux préparer citoyens et États aux transformations majeures qui les attendent en termes d’économie et de marché du travail. En septembre, la conférence « Making it e-easy » se penchera sur l’avenir du travail, suivie en octobre par « ManuFuture », sur l’avenir de la production.

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E-santé

En ce qui concerne les citoyens, Tallin se concentrera sur l’acquisition des compétences nécessaires et des filets de sécurités qui devront être mis en place pour soutenir des carrières de plus en plus intermittentes.

L’Estonie compte également partager sa propre expérience dans le cadre de la sécurité sociale à distance. La présidence se concentrera ici sur le potentiel de l’e-santé pour la gestion des prescriptions et la consultation des dossiers médicaux, un sujet compliqué par des questions de protection des données et de la vie privée.

Ces discussions de haut niveau, et en particulier la conférence sur l’avenir de l’emploi, créeront une base à apporter au sommet social organisé à Göteborg en novembre par la Suède et alimenteront le processus de réflexion sur le pilier social entamé par la Commission.

«Il faut un socle européen des droits sociaux»

Les ministres des Affaires sociales, du Travail et de l’Emploi de près de dix États membres de l’UE se sont entretenus le 2 mars à Matignon pour élaborer les bases d’un socle européen des droits sociaux, un projet plus que nécessaire à l’heure d’un euroscepticisme grandissant.

L’exécutif européen considère la révolution numérique comme l’une des principales forces qui détermineront la forme que prendra l’UE dans les dix années à venir. Son document de réflexion sur l’avenir des politiques sociales souligne l’importance des nouvelles compétences à inculquer aux Européens pour qu’ils s’adaptent plus facilement aux nouveaux types de contrats et à l’instabilité croissante de l’emploi qui accompagnent les nouveaux modèles, comme l’économie collaborative.

« De nouveaux types de contrats peuvent être un tremplin vers le monde du travail, mais il en résulte également un risque de polarisation accrue du marché du travail, caractérisé par des inégalités salariales croissantes et le confinement de personnes faiblement qualifiées dans des emplois médiocres offrant peu de perspectives d’avancement », souligne la Commission.

Malgré les difficultés que représentent ces objectifs, la présidence estonienne, qui prendra les rênes du Conseil européen début juillet, estime que le jeu en vaut la chandelle, pour autant que les gouvernements adaptent leurs systèmes aux nouvelles réalités économiques.

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Prochaines étapes

  • 12-14 septembre : Conférence sur l’avenir du travail, « Make it e-easy ».
  • 24-25 octobre : Conférence ManuFuture sur l’industrie numérique.
  • 17 novembre : Sommet social pour un emploi et une croissance justes à Göteborg.

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