Les États-Unis et l’UE renforcent leur coopération en matière de cybersécurité

L’UE et les États-Unis ont décidé d’intensifier leur coopération dans le domaine des normes de cybersécurité. Un rapprochement né de l’inquiétude face aux liens entre les compagnies de télécoms chinoises, comme Huawei, et Pékin.

Dans le cadre de leurs négociations commerciales, Bruxelles et Washington souhaitent coopérer en matière de cybersécurité et se protéger ainsi de l’espionnage auquel se livre la Chine, notamment via son géant de télécommunications, Huawei.

Cette coopération survient en effet suite à la décision de plusieurs gouvernements d’empêcher Huawai de déployer la prochaine génération de communications mobiles (5G), y compris aux États-Unis.

La France a aussi décidé cette semaine de durcir l’accès à son marché national pour les sociétés de télécommunications. Pour le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, les risques de vols de données sont réels, même s’il n’a pas mentionné explicitement Huawei.

Signe de cette coopération étroite, l’UE est même prête à prendre en compte les normes et spécifications techniques développées par les organisations américaines dans la mise en place de ses propres certifications et normes.

Ainsi, la direction générale de la Commission européenne en charge du numérique (DG CONNECT) et le National Institute of Standards and Technology américain ont décidé de se rencontrer ce semestre, selon un rapport de progression publié le 30 janvier.

Le fondateur de Huawei a déclaré que l’entreprise n’avait aucune « porte dérobée » pour transmettre des informations aux services de renseignement chinois. « Nous préfèrerions fermer Huawei que faire quelque chose qui nuirait aux intérêts de nos clients », a-t-il récemment affirmé à la presse.

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Analyse juridique

Huawei a fait appel à EY, un cabinet de conseil, pour analyser la loi chinoise à l’origine des inquiétudes des pays occidentaux.

La loi 2017 sur les renseignements stipule dans son article 7 que « toutes les organisations et tous les citoyens doivent, conformément à la loi, soutenir, coopérer et collaborer au travail de renseignement national et garder le secret du travail de renseignement national dont ils ont connaissance ».

L’article 8 affirme que le travail des services de renseignement doit respecter les droits humains ainsi que les « droits légitimes et intérêts des individus et organisations ».

Selon le rapport d’EY, consulté par Euractiv, les limites introduites dans l’article 8 signifient que les entreprises chinoises « ne sont pas obligées » de coopérer avec les services de renseignement.

Le rapport a été publié neuf jours après que le vice-président de la Commission en charge du numérique, Andrus Ansip, a soutenu que les Européens devraient être inquiets des compagnies chinoises à cause de cette « porte dérobée ».

Huawei a partagé l’analyse juridique avec l’équipe d’Andrus Ansip, selon une source de l’entreprise de télécoms.

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La possibilité que l’Europe puisse développer des normes de cybersécurité avec les États-Unis n’est pour l’instant pas source d’inquiétude pour l’entreprise.

« Savoir qui développe ces normes n’est pas important, mais la situation doit être équitable pour tous », a déclaré un représentant de Huawei, qui estime que les normes ne doivent pas être conçues de telle manière qu’elles ciblent une société en particulier.

Selon des responsables européens, la cybersécurité a toujours été un sujet de préoccupations et la coopération avec d’autres acteurs est nécessaire. « Nous avons toujours dit que nous n’étions pas seuls à ce sujet. »

Le Parlement européen et les États membres ont récemment trouvé un accord sur la nouvelle loi sur la cybersécurité. Par ailleurs, la Commission a proposé de mettre en place un réseau de centres régionaux sur la cybersécurité en Europe lors du prochain cycle budgétaire pluriannuel (2021-2027).

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