La Commission rappelle États et secteur privé à l’ordre sur la 5G

Andrus Ansip [European Commission]

La Commission veut pousser États membres et entreprises à s’impliquer davantage dans le développement des réseaux Internet de nouvelle génération.

L’irruption sur le marché des machines autoapprenantes, de la réalité virtuelle, des objets connectés (le fameux Internet des objets) et l’utilisation de volumes énormes de données (big data) créent des occasions inédites dans la sphère numérique.

Le World Mobile Congress, qui débute le 27 février à Barcelone, tentera de démontrer que ces technologies ne sont plus des secteurs naissants aux implications économiques floues, mais des secteurs porteurs aboutis. Des dizaines de start-ups seront représentées à Barcelone pour prouver les avantages de ces technologies pour les entreprises, les consommateurs et les citoyens.

La révolution numérique n’en est toutefois qu’au tout début de sa course, et dépend profondément du développement d’une nouvelle génération d’Internet à large bande, la 5G. Largement déployée, la 5G permettrait la connexion simultanée de centaines de milliers d’objets, qui interagiraient de manière presque immédiate.

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« La 5G est une évolution par rapport à la 4G, mais aussi une vraie révolution. Elle transformera la manière dont les gens vivent, travaillent, s’amusent et communiquent. Elle transformera aussi les affaires », a assuré Andrus Ansip, vice-président de la Commission et responsable du marché unique numérique, le 23 février.

Il serait « préférable » que l’Europe soit à l’avant-garde de cette évolution technologique, a poursuivi le commissaire. Lors de la conférence de Barcelone de l’an dernier, l’UE s’était associée à une série d’entreprises pour lancer un plan d’action censé orienter la nouvelle génération de réseaux à large bande.

Douze mois plus tard, Bruxelles se rend compte que son action doit être renforcée si l’Europe veut gagner la course numérique mondiale. C’est dans cet esprit qu’Andrus Ansip prendra la parole le 28 février, afin d’appeler le secteur privé et les États membres à prendre leurs responsabilités, selon les informations obtenues par Euractiv.  Le commissaire devrait donc encourager les différentes industries à s’impliquer davantage dans le développement des réseaux à large bande.

Des voitures connectées, l’une des applications les plus prometteuses de la 5G, seront exposées lors du congrès. D’autres secteurs, comme la téléchirurgie, la robotique, les « villes intelligentes » et la gestion connectée de l’énergie, indiqueront comment ils comptent tirer parti d’une meilleure connexion.

L’exécutif européen estime cependant que les industries européennes doivent accélérer les tests et le déploiement de leurs capacités technologiques.

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La question du spectre, éternel obstacle

Pour préparer la révolution de la 5G, les États membres doivent libérer des séquences du spectre radioélectrique, et coordonner leur élaboration de la bande passante, afin de garantir une connectivité stable partout en Europe. Sans cela, des applications comme les voitures connectées connaitraient des entraves insurmontables.

« Si nous ne disposons pas en temps voulu du bon volume de spectre, dans les bonnes fréquences, cela constitue un risque pour l’avenir connecté de l’Europe », insiste Andrus Ansip.

Il exhortera donc les États membres à mieux harmoniser les conditions économiques de l’utilisation du spectre, particulièrement pour des aspects comme les procédures d’octroi, la durée de permis, la location et le partage. La Commission souhaite également que les gouvernements nationaux lancent des essais transfrontaliers le plus rapidement possible.

L’exécutif européen a ainsi déjà proposé des conditions techniques paneuropéennes en créant une fréquence de bande passante commune pour la 5G (700 MHz).

Les capitales sont cependant réticentes à voir Bruxelles interférer dans un secteur au potentiel économique considérable et impliquant des intérêts nationaux non négligeables. L’octroi du spectre représente en effet une source de revenus importante pour les États.

« Il ne s’agit pas d’un jeu de pouvoir entre les pays européens et la Commission », a cependant souligné Andrus Ansip, dans une tentative de calmer les tensions.

Coopération internationale

La Commission est convaincue que l’Europe peut être à la pointe de la 5G. Pourtant, si l’industrie et les États ne parviennent pas à coopérer, l’UE finira à la traine, prévient-elle. Les pays asiatiques progressent en effet rapidement et pourraient présenter leurs premiers résultats dès l’an prochain.

Les champions technologiques font pression sur leurs autorités pour qu’elles imposent les normes les plus bénéfiques possible pour leurs entreprises, afin de leur donner une longueur d’avance sur le marché international.

Étant donné la nature planétaire des applications en questions, et notamment de l’Internet des objets ou du big data, l’UE insiste sur un accord normatif entre pays et régions. Andrus Ansip admet toutefois que l’établissement de normes mondiales « n’est pas facile, ni techniquement ni politiquement ». Il appellera cependant les grands acteurs réunis à Barcelone à maintenir un haut niveau de coopération et d’unité, même si cela implique un processus long et difficile.

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Prochaines étapes

  • 27 février -2 mars : Mobile World Congress (Barcelone).
  • 2018 : Premiers essais de la 5G dans des zones choisies.
  • À partir de 2020 : Déploiement commercial des réseaux avancés de 5G.
  • 2025 : 5G stables dans toutes les zones urbaines et le long des grandes voies routières et ferroviaires.

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