Tour d’horizon des programmes sur l’Europe sociale

En novembre 2017, la Commission européenne a lancé le pilier européen des droits sociaux, qui a débouché sur 25 initiatives législatives. À quelques jours des européennes, Euractiv se penche sur le programme des partis en matière d’Europe sociale.

PPE : la famille au cœur de la politique sociale de l’UE

« Nous voulons adapter ce modèle européen d’économie sociale de marché à la réalité du 21e siècle », indique le Parti populaire européen dans son manifeste.

Même si l’UE a récemment adopté une loi sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, le PPE insiste sur la nécessité de donner un plus grand choix aux parents d’équilibrer leur travail et les charges familiales, afin de réduire l’écart des salaires entre les genres.

Le parti propose d’accroître de manière significative le Fonds européen de transition pour soutenir les travailleurs qui perdent leur emploi à cause de la numérisation ou de la mondialisation.

Le PPE est le seul parti qui dédie une section spécifique à la politique familiale, bien qu’il rappelle que le droit familial doit rester une compétence nationale.

« Nous voulons que l’Europe soit un foyer sûr où les familles peuvent s’épanouir », indique le parti, qui ajoute qu’il veut créer des opportunités d’emploi pour les jeunes dans leur pays pour mettre un terme à la fuite des cerveaux.

Le PPE soutient que les politiques de santé sont un moyen de soutenir les familles, notamment au vu de la population vieillissante en Europe. Pour les plus âgés, ils proposent d’améliorer les conditions pour ceux qui créer des entreprises à un stade avancé de leur vie.

Feu vert parlementaire à la directive vie privée-vie professionnelle

Le Parlement européen a donné son feu vert à la directive sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, qui définit des minimas protégeant parents et aidants dans toute l’Europe, renforçant ainsi l’égalité des genres.

PES : un nouveau contrat social pour l’Europe

Sans surprise, l’Europe sociale est au cœur du programme du parti socialiste européen. « Nous devons garantir le bien-être des citoyens et veiller au progrès social et écologique, en ne laissant de côté aucune personne ni aucun territoire dans les transitions écologique et numérique », affirment-ils.

Les socialistes appellent à la fin des politiques d’austérité. Ils veulent lutter contre les inégalités en Europe en renforçant les droits des travailleurs et en garantissant un accès pour tous à la santé, l’éducation et la retraite.

Parmi leurs propositions phares se trouve la volonté de mettre en place des salaires minimums décents à travers l’Europe et d’établir un mécanisme européen d’assurance-chômage complémentaire pour aider les États membres confrontés à une augmentation massive de leur chômage.

Les socialistes réclament une Autorité européenne du travail plus forte et plus généralement, de meilleurs systèmes de protection sociale en Europe. Ils s’engagent à lutter contre la pauvreté énergétique et hydrique et à promouvoir un plan pour des logements abordables.

Le PES se bat aussi pour les droits des femmes, et propose ainsi une Stratégie européenne pour l’égalité homme-femme afin de lutter contre l’écart salarial et l’écart de pension. Ils veulent combattre le harcèlement sexuel et les violences basées sur le genre, et garantir un accès aux droits reproductifs et sexuels. Dans le cadre d’un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, le PES veut que les hommes et les femmes prennent soin de leur famille. Selon le parti, cela permettra de combattre les discriminations de genre au travail.

Les socialistes appellent également à lever les obstacles légaux et sociétaux qui « empêchent les personnes LGBTI de vivre libres, égales et respectées ».

Les eurodéputés adoptent une série de mesures sur l’Europe sociale avant les élections

Pour sa dernière session avec le scrutin de mai, le Parlement européen a adopté plusieurs textes en faveur des droits des travailleurs européens et pour contrer le dumping social. Mais les grandes avancées se font toujours attendre.

ACRE : Pas de place pour l’Europe sociale

« L’UE est un bloc commercial, pas un système de sécurité sociale », soutient l’Alliance des conservateurs et réformistes en Europe.

« Le marché commun ne doit pas être utilisé comme prétexte pour créer des règlementations supplémentaires comme des tentatives d’harmoniser les taxes ou de mettre en place des systèmes de santé et sociaux », revendiquent-ils.

ALDE : Europe sociale pour réduire l’écart entre hommes et femmes

L’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe défend « une Europe qui renouvelle sa promesse d’un contrat social fort pour une économie compétitive. »

Outre une proposition pour stimuler la création d’emploi, reste à savoir comment cela pourrait se traduire en pratique.

Lors du débat pour la présidence de la Commission, la candidate libérale, Margrethe Vestager, s’est alignée avec la proposition du PES pour mettre en place un salaire minimum décent dans tous les pays européens.

Pour ce qui est des questions sociales, l’ALDE se concentre surtout sur l’écart entre hommes et femmes au travail dans son programme. L’ALDE appelle à faire plus de progrès et à évaluer l’efficacité des politiques publiques existantes et des pratiques sur le lieu de travail dans ce domaine.

Toujours sur le genre, les libéraux veulent que tous les États membres de l’UE ratifient la Convention d’Istanbul pour prévenir et combattre les violences faites aux femmes. Ils estiment qu’il s’agit là d’une priorité.

Ils défendent par ailleurs un accès à des services de santé reproductive et sexuelle abordables et de bonne qualité.

Gauche européenne : une Europe de solidarité pour tous

La gauche soutient que la crise financière « a servi de prétexte pour renforcer le néo-libéralisme, imposer des plans d’austérité barbares et des régressions sociales et démocratiques », qui selon eux, a mené à l’essor de l’extrême droite. Elle propose donc de changer la mission de la Banque centrale européenne pour qu’elle comporte des objectifs d’emploi, protège et étende les droits des travailleurs et les droits sociaux et renforce le pouvoir de négociation collectif des syndicats.

Comme les socialistes et les libéraux, la gauche croit en la nécessité d’améliorer l’équilibre vie privée vie professionnelles pour s’assurer que les femmes intègrent le marché du travail.

Pour ce qui est des questions de genres, ses adhérents veulent mettre fin aux inégalités d’éducation entre hommes et femmes, dépénaliser l’avortement et garantir un accès gratuit aux soins de santé reproductive et sexuelle dans tous les États membres. L’éducation sexuelle et la contraception doivent être abordées dans tous les programmes européens liés à l’éducation et à la santé.

Dans son programme, la Gauche européenne insiste aussi sur le droit à un accès universel à des soins de santé complets, à un accès aux services sociaux et à des soins pour les personnes handicapées et veut garantir la retraite pour tous.

Le parti insiste sur la mise en œuvre d’une reconnaissance juridique du genre, des mariages de même sexe et du droit à l’adoption pour les personnes LGBTQI.

Personne, affirme-il, ne doit faire l’objet d’une quelconque forme de discrimination. Les habitants et les immigrants doivent avoir les mêmes droits.

Cependant la plupart de ces questions restent de compétences nationales.

Les Verts : renforcer le pilier social pour protéger les travailleurs

Le Parti vert européen considère la lutte contre le changement climatique comme un enjeu social, puisque ce sont les plus pauvres qui pâtissent de ses conséquences.

Les Verts proposent donc d’établir un mécanisme européen de sécurité sociale et de reconversion des travailleurs dans les industries en transition. À ce jour, l’Union s’appuie pour cela sur le Fonds de transition.

Comme la Gauche, les Verts rejettent les politiques d’austérité qui ont débouché sur une hausse de la pauvreté et la détérioration des services publics. Inverser cette tendance est une de leurs priorités.

Pour renforcer le pilier social, ils proposent d’introduire une nouvelle loi européenne pour garantir un revenu minimum adéquat dans tous les pays de l’UE, en prenant en compte les différences de niveaux de vie dans les systèmes nationaux. Les Verts appellent aussi à mener des recherches sur la mise en place d’un revenu universel.

Le parti réclame plus de protection pour les travailleurs transfrontaliers. Ils proposent donc un numéro de sécurité sociale européen et une meilleure reconnaissance des professions.

Ils reconnaissent la nécessité de mieux protéger ceux qui possèdent des emplois non traditionnels comme les indépendants ou les travailleurs de plateformes et soutiennent la mise en place d’un mécanisme d’assurance chômage pour la zone euro.

La prise en compte des risques psychologiques liés aux problèmes au travail et l’assouplissement des conditions de travail font également partie de leur programme.

Les questions de genre figurent également à l’agenda social des Verts. Au programme : des lois plus strictes pour garantir l’égalité de rémunération pour un travail égal, une meilleure protection des travailleuses enceintes et un meilleur accès à des services de garde d’enfants abordables et de qualité.

En outre, les Verts soulignent la nécessité de garantir l’accès aux soins de santé, au logement et à l’éducation pour tous. Ils demandent également que les infrastructures, les transports et les communications soient accessibles aux personnes handicapées.

Comme les socialistes et la gauche, les Verts défendent l’accès à des soins de santé sexuelle et reproductive gratuits, de bonne qualité et sûrs, y compris à l’avortement. À l’instar des libéraux, ils appellent les États membres de l’UE à mettre en œuvre la Convention d’Istanbul pour lutter contre les violences fondées sur le genre.

Ils défendent également les droits des personnes LGBTQI à être reconnues dans toute l’Europe.

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