L’UE appelle à plus de transparence dans la finance verte

Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des affaires économiques et financières, de la fiscalité et des douanes, Olaf Scholz, ministre allemand des Finances, Euclid Tsakalotos, ministre grec des Finances, et Bruno Le Maire, ministre français des Finances. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les ministres des Finances veulent des règles de transparences plus strictes pour le financement de la lutte contre le réchauffement climatique.

À l’issue d’une réunion à Bruxelles, les ministres européens des Finances ont insisté sur le fait que les finances publiques « ne pourront jamais suffire » à elles seules pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ni pour nous « adapter » aux conséquences du changement climatique. Les politiques publiques doivent donc ouvrir la voie à des investissements durables du secteur privé, conseillent-ils.

L’Union européenne a consacré 20,4 milliards d’euros de fonds publics à la lutte contre le changement climatique et à l’adaptation à ses effets en 2017, soit la plus grande contribution au monde. Les ministres ont réaffirmé l’engagement de l’Union à continuer sur cette voie, dans le cadre de l’engagement pris par les pays riches de dégager 100 milliards de dollars par an d’ici 2020.

Ce que préconisent les ministres sont de solides règles de transparence, qui viendraient appuyer l’accord de Paris. Cette transparence permettrait de suivre les progrès réalisés par les pays par rapport à leurs engagements, y compris en matière d’aide financière.

Le cadre de transparence est l’une des questions les plus épineuses à régler en vue de la COP24 le mois prochain, au cours de laquelle les pays devront convenir de règles pour respecter l’accord de Paris. Les États-Unis et l’UE veulent par exemple des règles strictes en matière de suivi et de surveillance des pays développés et en développement. Les économies émergentes, y compris la Chine, veulent des responsabilités moins lourdes que les pays riches.

L’UE s’est également engagée à renflouer le Fonds vert des Nations unies pour le climat, qui finance des projets durables dans les pays en développement. En revanche, les États-Unis ont retiré leur promesse de 2 milliards de dollars pour le pot initial de 10 milliards de dollars ; une promesse qui datait en effet de l’administration Obama. L’Australie, quant à elle, a déclaré qu’il était peu probable qu’elle ajoute plus d’argent après cette année.

En outre, les ministres pressent les banques multilatérales de développement (BMD) de faire leur part et « d’adopter des politiques d’investissement responsables, et de supprimer progressivement le financement des centrales au charbon ».

Le Conseil de l’UE « invite lui aussi les BMD à se dépêcher d’aligner leurs activités sur l’approche verte, dans le but de rendre les flux financiers compatibles avec un développement à faibles émissions et durable ».

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